| « 18-25 ans : sortir du déni, accéder à l'autonomie » | |||
|
| Mercredi, 01 Juillet 2009 | |
|
La FNARS a organisé, le mercredi 3 juin dernier, une journée d'étude thématique intitulée « 18-25 ans : sortir du déni, accéder à l'autonomie ». Cette journée visait d'une part, à interpeller sur la situation des jeunes de 18 à 25 ans en situation de devoir assumer leur autonomie alors qu'ils n'en ont pas les moyens et, d'autre part, à réclamer un engagement ferme de la collectivité envers ces jeunes qui subissent une remise en cause perpétuelle de dispositifs sans cohérence. Articulée autour de 3 axes - la parole des jeunes ; les jeunes face à leur autonomie : droit commun, droits particuliers ; et les responsabilités des différents acteurs associatifs, institutionnelles et collectivités territoriales- la journée a accueilli une centaine de personnes (des travailleurs sociaux, des directeurs de structure, des représentants des missions locales et des jeunes).La journée a débuté par le témoignage de jeunes et de travailleurs sociaux sous la forme d'une restitution de deux forums qui avaient été organisés en amont à Lille et à Grenoble. Chaque forum a été restitué par des jeunes et des travailleurs sociaux qui y avaient participé. Ce temps très fort de la journée a permis de présenter et de mettre en exergue, du point de vue des jeunes et du point de vue des travailleurs sociaux, les limites, les carences et les freins des dispositifs à destination des jeunes les plus exclus. La première table ronde, qui portait sur « Les jeunes face à leur autonomie : témoignages et pratiques », a permis de présenter des extraits d'une étude sur l'état des politiques sociales à l'égard des jeunes majeurs issus de l'aide sociale à l'enfance, puis d'entendre un éclairage sociologique sur la situation des 18-25 ans et enfin la présentation d'un rapport concluant favorablement à une allocation de formation. La seconde table ronde a réuni des acteurs associatifs et des collectivités locales autour du thème « Droit commun, droits particuliers, les responsabilités de chacun » et a mis en lumière les disparités territoriales en matière de prises en charge des 18-25 ans ainsi que la juxtaposition des dispositifs souvent incohérents et inefficaces. La journée a été conclue par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS, qui a rappelé les grands principes auxquels nous sommes attachés. Aujourd'hui, la seule politique publique affichée à l'égard de la jeunesse est une politique répressive. La société doit s'interroger sur ses devoirs à l'égard des jeunes pour aboutir à la mise en place d'une réelle politique publique sur l'insertion des jeunes. Il ressort des débats et des réflexions menées au sein de la FNARS que les jeunes les plus en difficulté ne constituent pas une catégorie nécessitant une politique spécifique. D'une part, les jeunes, y compris les plus en difficulté, doivent pouvoir bénéficier des dispositifs de droit commun dans les conditions de droit commun (logement, ressources, formation...) même si une attention particulière doit leur être accordée. Le bénéfice de ces droits doit être inconditionnel. En effet, pour les jeunes les plus en difficulté, l'exigence d'un projet ou d'une contrepartie ne doit pas être un préalable à l'aide. Elle doit tenir compte de la situation de chaque jeune. Il ne s'agit pas de ne pas avoir d'exigences à leur égard, mais on ne peut pas exiger d'eux d'avoir un projet en préalable à toute prise en charge. On a des exigences à leur égard qui ne sont pas nécessairement celles exigées plus de 25 ans. D'autre part, les jeunes, comme toute personne bénéficiant d'un suivi social, doivent pouvoir bénéficier de la continuité des prises en charge qui incluent le droit au recommencement et le principe de non abandon. Pour ce faire, ces jeunes doivent être connus sur un territoire ; tout doit être fait pour aller au devant d'eux (« aller vers ») et leur proposer un accompagnement social global, individualisé et dynamique. Da façon complémentaire, la Fnars réaffirme la nécessité de soutenir les familles. Le soutien aux parents dans leur rôle apparaît être une condition indispensable pour lutter contre l'exclusion des jeunes, mineurs et majeurs. Par ailleurs, pour les jeunes de 18 à 24 ans, le manque de ressources empêche de construire un projet d'avenir. La Fnars considère que la question des ressources est cruciale pour les jeunes et qu'elle contribue à accroître fortement les inégalités. C'est un enjeu de société. Si nous voulons que chaque jeune acquière une autonomie suffisante, nous ne pouvons nous appuyer seulement sur les solidarités familiales qui, forcément, en laissent un bon nombre sur le bord de la route. Si un jeune est majeur à 18 ans, il n'a pas de raison d'avoir moins de droits que celui qui a 25 ans - qui bénéficie du revenu minimum d'insertion (RMI devenu revenu de solidarité active, RSA). Ces éléments doivent être intégrés dans l'élaboration de cette politique publique de la jeunesse qui, jusqu'à présent, ne fait pas consensus au sein de la société française. En conclusion, il s'agit de faire entendre aux pouvoirs publics que la jeunesse n'est pas un coût mais un investissement. Des actes ainsi qu'un document de synthèse sont en cours de réalisation et seront diffusés prochainement notamment sur le site de la FNARS. Elsa HAJMAN Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. |


