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Evolution de la veille sociale
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Lundi, 03 Septembre 2007

La DGAS vient de publier (août 07) une étude quantitative sur les services de premier accueil liés au dispositif de veille sociale, c’est-à-dire les équipes mobiles, les services téléphoniques 115, les accueils de jour et les SAO.

Cette enquête nationale portant sur l’activité de l’année 2005 a été conduite par questionnaire auprès de toutes les structures concernées selon les mêmes modalités que celle déjà réalisée en 2000.

Sont répertoriés pour chaque service les capacités d’accueil, le nombre d’ETP salariés, le nombre de bénéfi-ciaires ainsi que les moyens financiers dévolus, en fonction de la taille démographique du département.
Globalement, les services de veille sociale ont augmenté de 43%en 6 ans, passant de 451 services en 2000 à 649 en 2005.

Concernant l’évolution du personnel, celui des SAO et des 115 a doublé entre 2000 et 2005. L’effort est surtout marqué à partir de 2002, où le numéro d’urgence a commencé à prendre sa véritable dimension et s’est trouvé couplé dans beaucoup de départements à un SAO.

Les équipes mobiles se sont développées en nombre sur la même période (+87%) mais très peu en personnel (+17%) car elles s’appuient essentiellement sur des bénévoles. Toutefois, beaucoup fonctionnent seulement l’hiver et à proximité des grandes agglomérations.

Au sein des différents services de premier accueil, la progression du nombre d’accueils de jour est la plus lente (+15%) mais c’est le service qui a le plus de structures (250 en 2000 et 286 en 2005).

Les services de la veille sociale se sont renforcés ces dernières années mais si en 2005, tous les départements étaient dotés d’un 115, un tiers ne disposait pas de SAO, une vingtaine ne comptait aucune équipe mobile et une quinzaine pas un seul accueil de jour.

On constate par ailleurs de fortes disparités territoriales : dans les départements ruraux, la veille sociale fonc-tionne souvent à minima avec une dizaine d’ETP polyvalents sur l’ensemble des services et couvrant essentiel-lement le chef-lieu ; les départements les plus peuplés (+ 1 millions d’habitants) ont généralement constitué au moins une équipe mobile professionnelle, un SAO, un 115 et plusieurs accueils de jour.

Concernant le nombre moyen de bénéficiaires de ces services, on peut estimer qu’il varie de 500 à 2 000 per-sonnes dans les départements de moins de 500 000 habitants, de 2 000 à 5 000 personnes dans les départe-ments de 500 000 à 1 million d’habitants et de 5 000 à 10 000 personnes dans les 20 départements de plus d’un million d’habitants. Ces effectifs sont approximatifs compte tenu des difficultés de comptage des person-nes différentes et des doubles comptes.

Concernant les moyens financiers globaux, les créations de structures de ces dernières années se traduisent par une hausse conséquente des dépenses globales liées à la veille sociale : + 83% entre 2000 et 2005, pas-sant de 51 millions à 94 millions d’euros. Si l’Etat en fournit les 2/3, la part des collectivités territoriales reste im-portante (1/3), mais celle-ci se centre fortement sur les accueils de jour.

Ces résultats demanderaient à être exploités sous un angle plus qualitatif et déclinés en axes de travail. Ainsi, la Fnars soutient dans son livre des Etats généraux, l’intervention de rue comme moyen d’action pour toucher les personnes les plus fragilisées, d’où la nécessité de professionnaliser ces équipes et de repenser les modali-tés de leur action, question d’autant plus sensible avec des équipes composées de bénévoles. Par ailleurs, la tendance au couplage 115/SAO semble aller dans le sens d’un meilleur suivi des parcours et d’une coordination des acteurs : ce modèle est il à promouvoir pour favoriser la continuité de la prise en charge ? C’est en tout cas un sujet de réflexion en cours actuellement sur plusieurs départements.

Au-delà de l’aspect "dispositifs", la veille sociale revêt une mission essentielle de pilotage, d’observation sociale et de planification stratégique. Cette mission mériterait d’être renforcée. L’état des lieux réalisé par l’observatoire national du numéro d’urgence 115 en octobre-novembre 2006 auprès de tous les gestionnaires 115, indiquait que, dans près de la moitié des départements, les comités de veille sociale ne fonctionnent qu’en période hivernale.

Sylvie Lewden
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Carole Lardoux
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