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Dans le cadre de la préparation de la réforme de la protection de l’enfance qui génère de nombreuses consultations associatives, la Fnars a adressé les réactions et propositions suivantes au cabinet du ministre Philippe Bas : Les centres d’hébergement (CHRS) qui accompagnent des familles en difficulté accueillent environ 14 000 enfants sur l’ensemble du territoire national.
Alors qu’elles ne disposent d’aucun soutien -notamment financier- spécifique, ces structures ont ainsi développé, depuis de nombreuses années, des activités diversifiées destinées à favoriser l’accès à l’autonomie des familles (logement, soutien à la parentalité, emploi, santé, groupes de paroles...).
Elles disposent à ce titre d’une expertise certaine quant à l’accompagnement des enfants et à la prévention des ruptures familiales.
Dans le cadre de la préparation de la réforme de la protection de l’enfance, la Fnars souhaite donc faire part des remarques et propositions suivantes.
La Fnars souhaite que soit pris le temps d’une réflexion élargie et approfondie.
La Fnars s’interroge en effet quant à la multiplication des textes en préparation concernant l’enfance et la jeunesse (réforme de la protection de l’enfance, prévention de la délinquance, égalité des chances) et regrette la rapidité dans laquelle ces derniers sont élaborés.
La Fnars approuve l’attention particulière du projet de réforme quant à la place de la prévention dans la protection de l’enfance. La Fnars défend l’idée que la protection doit être abordée globalement : l’enfant et sa famille, ses liens sociaux, ses conditions de vie (ressources du foyer, logement...), son environnement...
La Fnars souhaite en ce sens que la prévention des ruptures familiales et des exclusions intègre pleinement la "prévention" ; elle demande : - une coordination nationale des actions de prévention pour tous les enfants, - le soutien au renforcement des partenariats entre professionnels accompagnant des familles et des professionnels intervenant auprès d’enfants en difficulté.
Ces partenariats sont, de notre point de vue trop peu développés au regard des besoins. Les services d’AEMO par exemple disposent de moyens qu’ils conviendraient d’augmenter significativement afin de les soutenir dans leur capacité à davantage intervenir sur des actions de prévention, de prise en charge des familles et de renforcement de leurs partenariats.
La Fnars souhaite rappeler la pertinence du mouvement associatif dans le champ de la protection de l’enfance et demande que cette place associative soit valorisée et reconnue. L’histoire ne peut qu’illustrer la capacité des associations à innover et à garantir ainsi les dynamiques d’évolution et de changement.
Enfin, nous souhaitons rappeler que l’Etat doit bien rester garant de la protection de l’enfance sur l’ensemble du territoire. Les mesures diverses (protection, insertion des jeunes, prévention de la délinquance...) concernant des enfants doivent nécessairement s’articuler les unes avec les autres et s’appuyer par conséquent sur des travaux et réflexions interministériels.
Pour exemple, la protection de l’enfant, c’est avant tout assurer les conditions de son épanouissement et de sa sécurité. Or un enfant délinquant ou en risque de délinquance, au coeur du plan de prévention de la délinquance, est d’abord un enfant qui souffre, et que la société doit aussi à ce titre protéger. Un enfant qui souffre, c’est un enfant qu’il faut alors accompagner dans le cadre de son environnement notamment familial et social et dont il faut plus particulièrement prévenir les situations de violences auxquelles il pourrait être confronté. Le lien entre les deux politiques est étroit et nécessite une forte cohérence d’actions. Les lieux d'accueil et de prise en charge, par exemple, doivent être déterminés, non pas par la porte d'entrée dans le dispositif mais par la personnalité du mineur. |