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Participation des personnes en situation de précarité : l’espoir d’un nouveau souffle
Analyses
Mercredi, 02 Novembre 2011

Par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS
Pendant six mois, la FNARS a présidé avec l’UNIOPSS un groupe de travail du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) consacré à la question de la participation des personnes en situation de précarité à l’élaboration des politiques publiques.


Ce groupe de travail, composé de représentants associatifs, de responsables syndicaux, de personnes en situation de précarité issues du Conseil consultatifs des personnes accueillies et Accompagnées (CCPA) et de personnes qualifiées, vient de rendre son rapport à la ministre des Solidarités et de la cohésion sociale.

Ce rapport met d’abord en exergue ce qui devient pour tous une évidence : l’expertise apportée par les personnes en situation de précarité apporte une forte plus-value aux politiques mises en œuvre, en évitant les usines à gaz et les contresens, en permettant des ajustements pertinents tout au long de la démarche, en instaurant une dynamique efficace de co-construction des parcours d’insertion entre les travailleurs sociaux et les personnes accompagnées.

Il pointe ensuite un enjeu majeur : la méthode. La participation des personnes en situation de précarité nécessite une animation professionnelle, capable de faire venir les personnes concernées et de leur donner l’envie de poursuivre leur implication. La clef de voûte de la réussite est de passer d’une parole individuelle à une parole collective, en mettant en place des « groupes d’appartenance ». Les personnes en situation de précarité s’y retrouvent entre pairs et construisent une réflexion politique qui dépasse le simple témoignage de vie. Ces groupes peuvent ensuite déléguer des représentants dans les instances d’élaboration des politiques publiques.  

Il souligne enfin que rien ne se fera sans une impulsion politique forte, au-delà de la conviction personnelle d’un élu ou d’un dirigeant associatif. L’impératif de participation doit être inscrit dans les textes, les règlements, les fiches de poste des cadres et intervenants sociaux. La participation doit bénéficier de moyens solides et d’une évaluation permanente de ses impacts. 

 Or, sur le terrain, si de multiples initiatives ont été prises en matière de participation, celles-ci restent fortement dispersées ; nous sommes encore loin d’un "réflexe" systématique à la participation, que ce soit du côté des pouvoirs publics ou des associations. C’est la raison pour laquelle le groupe de travail préconise notamment la création de collèges destinés aux collectifs de personnes en situation de précarité, au sein de l’ensemble des instances qui élaborent, suivent et évaluent les politiques publiques.

Du côté des associations, il convient également de mettre les bouchées doubles. La FNARS, grâce à  l’impulsion de son Groupe d’appui national, a posé les bases d’une participation active des personnes accueillies : développement de groupes d’appui régionaux, chartes de la participation, veille sur le développement des Conseils de la vie sociale (CVS), modification de nos statuts pour intégrer dès 2011 des personnes accueillies au sein du Conseil d’administration fédéral, déploiement des CCPA régionaux (en partenariat avec l’UNIOPSS et la Fondation Armée du Salut). Il s’agit maintenant de s’appuyer sur ces outils pour rendre incontournable l’implication des personnes accueillies dans nos travaux, qu’ils soient politiques ou techniques. En commençant par l’organisation du Congrès, en janvier prochain !