| Les SIAO : les conditions de l'échec ? |
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| Analyses | |
| Jeudi, 15 Juillet 2010 | |
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Par Eric Pliez, trésorier de la FNARS Globalement les associations ont approuvé ces réformes, conscientes du besoin de refonder la politique de l'hébergement, alors que les personnes à la rue sont de plus en plus nombreuses, dans un contexte d'arrivée massive de populations du monde entier, mais aussi d'un besoin de mieux articuler les différents modes d'hébergement comme le sanitaire et le social. Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, en a conservé le principe fin 2009, en rédigeant le cahier des charges des Services intégrés d'accueil et d'orientation (SIAO), un lieu de coordination associative sur un même territoire, un lieu de mutualisation des compétences et des capacités d'accueil. Quelques mois plus tard, où en sommes-nous ? Les SIAO se mettent en place au moment où les DDASS disparaissent, et où le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux est clairement affiché. Dés lors, l'opérateur SIAO va-t-il jouer un rôle d'organisateur, rôle jusqu'ici tenu par les DDASS ? L'opérateur deviendrait dans ces conditions, par délégation, responsable du succès ou de l'échec de la refondation. Benoit Apparu a redit devant l'Assemblée générale de la FNARS que le SIAO serait « une construction commune ». Il a également dit que le SIAO devait permettre une meilleure coordination entre les opérateurs, et qu'il ne devait pas être « une structure de plus qui s'empile au-dessus des autres ». Avec cela nous sommes d'accord. Il a précisé que cela se ferait « à moyens constants », mais si « cela demande des moyens complémentaires au fil de l'eau, ils seront là ». Compte tenu de ce qui se pratique réellement dans les départements, et des difficultés à faire reconnaître la fonction de coordination et les moyens qu'elle suppose, nous sommes pour le moins dubitatifs. Enfin, des questions cruciales ne sont pas abordées par les pouvoirs publics. Que deviennent les étrangers en attente ou sans titre de séjour ? Sont-ils condamnés à errer dans le système de l'urgence, gonflant ainsi le « stock », ou resteront-ils à la rue ? La loi Molle (Mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion) crée l'obligation de créer une place d'hébergement pour 1 000 habitants. Qui fera respecter la loi : le préfet de région ? C'est le seul pilote possible. Sans une volonté politique « de fer », rien ne sera possible, le système de vase communiquant ne fonctionnera pas. Ainsi, on peut s'inquiéter que, partant d'une ambition forte, on en arrive à une situation aggravée : des SIAO sans pilotage et sans moyens de travailler efficacement, des étrangers sans accès aux SIAO, obligés de gérer la pénurie des places d'hébergement et de logement. Pourtant, nous connaissons les conditions de la réussite : un pilotage politique pour une meilleure répartition territoriale, une évaluation des besoins et les moyens nécessaires. « Ce ne sera pas un problème de moyens », nous avait dit le ministre lors de la présentation de sa réforme, fin 2009. Nous craignons que les conditions de l'échec de cette réforme attendue ne soient réunies. Pourtant, il ne faut pas se tromper sur les économies à faire : les personnes à la rue ont un coût pour la société. En terme de santé, et d'assistance. Travailler à leur insertion, c'est diminuer ce coût. |
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