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par Maryse Lepée - Membre du Bureau de la FNARS
Depuis le mois de décembre, plusieurs centaines de personnes ont déjà participé aux réunions de travail sur la refondation du secteur, organisées avec les associations régionales.
Parmi les questions les plus débattues, il y a celle du référentiel « prestations - coûts ». Ce référentiel, nous le demandons depuis longtemps, afin d'établir des définitions partagées et incontestées de ce qui compose notre action. Nous participons pleinement à son élaboration.
Qu'est-ce qu'un référentiel et que peut-on en attendre pour notre secteur ? En premier lieu, il doit être un outil de connaissance. Il doit offrir une plus grande lisibilité de ce que font les structures du secteur de l'accueil et de l'hébergement. Il doit nous permettre de décrire ce que nous faisons, en utilisant les mêmes mots pour décrire les mêmes actions. Il doit valoriser le travail social global, et donc le décrire.
Le référentiel doit aussi permettre aux représentants de l'Etat et aux élus de mieux comprendre ce que nous faisons. Il doit permettre aux usagers de se repérer dans les méandres des multiples dispositifs. Il faut avoir à l'esprit que, en dehors de notre secteur et de sa périphérie, personne ne sait dans ce pays ce qui se fait entre les murs d'un CHRS, ... Ce n'est pas efficace pour nous, et ce n'est pas bon pour la démocratie, que notre secteur, qui joue pourtant un rôle essentiel pour l'insertion et la cohésion sociale, soit opaque et difficile à identifier.
Le référentiel doit ensuite nous permettre de dialoguer avec l'administration, pas seulement pour négocier nos budgets, mais aussi et surtout pour contractualiser. Concrètement, si une structure s'engage à mener une action d'accompagnement sur 3 ans, elle pourra, avec ce référentiel, vérifier si elle a les moyens de mener cette action à bien, en fonction de la diversité des publics accueillis et de la qualité des actions d'accompagnement mises en œuvre. L'Etat, de son côté, pourra en suivre la mise en œuvre et en faire l'évaluation.
Enfin, le référentiel doit déboucher sur un nouveau système de tarification. Après avoir décrit les missions, les fonctions, les activités et les compétences requises (y compris celles des bénévoles qui doivent être valorisées), nous devons être en mesure de quantifier ce que coûte leur mise en œuvre. Ce nouveau système de tarification ne doit surtout pas être une tarification à l'acte, mais un nouveau dispositif qui valorise nos activités quotidiennes, nos pratiques innovantes, et qui sache surtout prendre en compte les besoins réels des usagers, plus ou moins diversifiés, et plus ou moins étalés dans le temps.
In fine, là où nous avons aujourd'hui un secteur flou et mal identifié, nous aurons gagné en visibilité et en capacité de négocier. C'est une grande réforme, un changement en profondeur, qui va nous amener à modifier nos pratiques. Cela provoque inévitablement de l'inquiétude, mais en participant activement à l'élaboration de ce référentiel, nous aurons entre les mains un outil de pilotage et de négociation qui nous mettra en position de force, face aux nouvelles autorités de tutelle.
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