| Grenelle de l'insertion : Après les principes, l'action |
|
|
| Analyses | |
| Lundi, 16 Juin 2008 | |
|
Par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS La première phase du Grenelle de l'insertion s'est achevée début juin avec une "feuille de route" qui engage le gouvernement. La phase de négociations commence, et non des moindres. Maintenant, il va falloir passer des principes, certes partagés, aux actes. Dans cette perspective, nous devons rester mobilisés et être particulièrement vigilants sur les points suivants : > La prise en compte dans les réformes en cours des conclusions issus du Grenelle. A titre d'exem-ple, nous ferons en sorte que la mise en avant des devoirs des chômeurs ne précède pas la mise en œuvre de leurs droits. Aucun système de sanction ne sera efficace s'il n'est précédé par la mise en œuvre d'un service public de l'emploi efficace, capable d'orienter vers un accompagnement professionnel et social à la hauteur des besoins. > La prise en charge des personnes les plus en difficulté. Notre vigilance doit être d'autant plus grande que, même si la feuille de route rappelle l'importance de l'accompagnement social pour celles-ci, nous aurions aimé qu'elle mette l'accent sur la nature de cette prise en charge et sur les moyens nécessaires. Cela pose la question du financement de l'accompagnement social qui ne se confond pas totalement avec celui de l'insertion par l'activité économique (IAE). > Le financement des structures de l'IAE. Tout au long du Grenelle nous avons défendu la position suivante : sans un calcul "au juste coût" des services offerts par la structure à la personne en insertion, on prend le risque d'exclure du système les personnes les moins "rentables". Nous allons continuer à défendre le principe d'une enveloppe forfaitaire définie au départ, en fonction des besoins de la personne accueillie et de la nature de l'emploi proposé, avec des objectifs d'engagement quantifiés et évalués en fin de contrat. > Enfin, nous continuerons à défendre le principe d'un contrat unique d'insertion applicable, sur la base du droit commun, au secteur non marchand comme au secteur marchand.
Lors de la clôture du Grenelle, le Premier ministre, François Fillon, a acté la "feuille de route" de sorte qu'il s'agit désormais d'un engagement du gouvernement. Il n'a cependant donné aucune précision sur les moyens budgétaires et humains qui seraient mis en œuvre. C'est sur ces points que nous porterons un effort déterminé et constant. Mais, nous devrons aussi sortir nos débats de spécialistes de l'insertion par l'activité économique, et rendre visible le travail quotidien que nous menons à l'égard des personnes les plus éloignées de l'emploi. C'est ainsi, et seulement ainsi, que nous donnerons une représentation juste du coût demandé à la collectivité et des bénéfices qu'elle peut en attendre. Le Grenelle a mis en évidence sur ce point le long chemin qu'il nous reste à parcourir. |
|