| Conférence de consensus : Un an après... |
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| Analyses | |
| Lundi, 17 Novembre 2008 | |
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Par Eric Pliez, secrétaire général adjoint de la FNARS Bien sûr, les choses ont bougé depuis le canal Saint-Martin. Les centres d'urgences ont gagné en confort et en qualité d'accueil. L'individualisation des hébergements se poursuit, la remise à la rue "sèche" n'est plus à l'ordre du jour. Pourtant, sur le terrain, le sentiment de bricolage demeure. L'observation des publics, l'analyse des besoins, les schémas territoriaux ne sont toujours pas en place. Aujourd'hui, les personnes les plus "cassées" restent encore dehors. Les vieux clodos, ceux qui n'en peuvent plus de passer d'un centre à l'autre, se pressent toujours dans des établissements qui leur ouvrent leur porte, mais pour les entasser sur des lits de camp. Ceux qui ne trouvaient pas de place avant n'en ont toujours pas. Les Espaces solidarité insertion (ESI) restent ouverts la nuit. Tolérants, ils acceptent que les gens somnolent sur des chaises, ou s'enroulent par terre dans des couvertures. Les critères d'entrée en lieu de stabilisation se resserrent de plus en plus, puisqu'il faut prévoir la sortie au moment de l'entrée. « On demande des ressources stables, sinon le relogement est impossible », nous dit un responsable. Comme le système ne tourne toujours pas, la sélection par "le haut" continue. Compte tenu des conditions de travail,d'un prix à la place de 30 euros par jour et par personne accueillie, compte tenu de l'absence de psy et de personnel médico-social dans ces centres, on a tendance a être indulgent vis a vis des équipes de terrain qui pratiquent ce "tri". Tant qu'on continuera à raisonner par types de publics, de manière cloisonnée, au lieu d'avoir des équipes pluridisciplinaires formées, qui devraient être compétentes pour tous les sans abri, quels qu'ils soient, nous obtiendrons un résultat contraire à ce que nous voulons. Et on continuera d'exclure les "emmerdeurs". Sur cet aspect des choses, nous n'avons pas avancé d'un iota depuis le canal Saint-Martin ! Individuellement, chacune de nos associations cautionne le système. Tout projet est bon à prendre, tant les besoins sont immenses. Mais ces besoins ne sont toujours pas définis, planifies, organisés. Pourtant, depuis la Conférence de consensus jusqu'au rapport Pinte, les besoins et les pistes d'avenir sont désormais tracés. Alors, quand construira-t-on une vraie politique publique ? Comme acteurs de première ligne, nous devons être à la pointe des changements nécessaires, en ayant conscience que la prise en charge dans la durée des personnes à la rue est un préalable nécessaire au changement de l'organisation obsolète actuelle. |
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