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Continuer d’accueillir les étrangers
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Mercredi, 11 Juillet 2007
Assurer un accompagnement humain à toute personne. L'accueil des étrangers, 30 ans après, les mêmes questions dans un contexte différent.

En 1977,- il y a 30 ans ! -, la Fnars lançait un questionnaire sur l’accueil des étrangers par les centres d’hébergement du réseau. Quels publics ? Des hommes seuls ou des familles ? Pour quelle orientation après l’hébergement ? C’est dire que la question de l’accueil des étrangers n’est pas nouvelle. Pour au-tant, et cela s’est exprimé lors de notre assemblée générale du 22 juin dernier, le réseau sent poindre de nouvelles difficultés en relation avec l’affirmation du nouveau gouvernement de limiter les flux migratoi-res, le regroupement familial et la régularisation des sans-papiers.

La Fnars rassemble plus de 170 centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) et la grande majorité des centres d’hébergement d’urgence (CHU) qui, souvent, prennent le relais pour les déboutés. Elle est donc au coeur du dispositif d’hébergement des personnes étrangères, demandeurs d’asile, réfugiées et déboutées.

Les gestionnaires de CADA sont aujourd’hui fermement invités à proposer systématiquement l’aide au retour aux personnes déboutées, dès le refus de l’Office français de la protection des réfugiés et apatri-des (Opfra). Ils sont aussi "fondés à mettre en oeuvre par tous les moyens appropriés, une décision de sortie de centre" (1) avec, le cas échéant, le recours aux forces de l’ordre. Comme le soulignait un ad-hérent lors de l’assemblée générale, ce durcissement des conditions d’hébergement nous pose "la question des limites à ce qui pourrait être considéré comme de la compromission, une situation particu-lièrement dure pour le travailleur social, car notre travail n’est pas de mettre à la rue ni d’appeler la police".

Nous voyons bien comment nos principes fondateurs -le devoir de non abandon et l’accueil inconditionnel- risquent d’être interrogés. Nous les rappelons fermement. Nous devons disposer d’une expertise juridique pointue en matière de droit des étrangers, de droit au logement opposable, de loi 2002-2, pour que les adhérents se repèrent dans ces textes contradictoires et complexes. Enfin, nous appelons les adhérents d’un même territoire (CADA, CHRS, CHU, dispositifs de veille sociale) à coordonner leurs actions et à coopérer pour continuer d’assurer un accompagnement humain à toute personne, quelle que soit sa situation administrative.

Gilles Pierre
Vice-président

(1) Cf. circulaire du 2 avril 2007 de la Direction des populations et migration (DPM)