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L'Europe des solidarités
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Vendredi, 20 Mars 2009

Aujourd'hui, l'opinion française ne perçoit plus clairement les enjeux sociaux de la dimension européenne. Elle voit l'Europe comme un niveau de pouvoir contraignant, éloigné des préoccupations des citoyens, voire menaçant le système de solidarité mis en place depuis 50 ans. Le rejet de la Constitution de l'Union a traduit cette déception. Il aura eu toutefois le mérite de susciter un débat sur l'Europe.

Les Français attendent que l'Europe sociale prime enfin sur l'Europe économique. Ils auraient souhaité qu'on les informe de l'impact des décisions européennes sur la politique nationale. Les hommes politiques français ont été effectivement trop peu nombreux à introduire l'Europe dans le débat public, à montrer les effets de ses recommandations sur la législation nationale ainsi que les aspects positifs de certaines de ses orientations. S'il est vrai que l'Europe s'attache en priorité à mettre en œuvre des règles de concurrence et de contrôle, elle est aussi porteuse d'avancées sur des questions de société telles que la parité homme-femme, l'insertion des personnes handicapées, la promotion du dialogue avec la société civile et la participation des personnes concernées.

La mobilisation du secteur associatif européen a permis en 1997 l'introduction de la lutte contre les exclusions dans les compétences de l'Union (Traité d'Amsterdam, art.136-137). Dans le cadre de la stratégie définie à Lisbonne en 2000 et de l'agenda social adopté à Nice, l'Union s'est engagée à coordonner les politiques nationales en matière de lutte contre les exclusions, en s'appuyant sur la méthode ouverte de coordination (Moc) et en particulier sur les plans nationaux d'action inclusion (PNAI).

L'Europe apporte également des financements importants à travers le fonds social européen (FSE) qui soutient des actions d'insertion dans l'emploi. Malgré la complexité administrative du montage et de la gestion des dossiers, le FSE est un partenaire financier de plus, sans lequel certains projets ne verraient pas le jour.
Enfin, l'Union s'est montrée réceptive aux revendications de la société civile à laquelle elle a donné les moyens de jouer son rôle d'expert et de peser ainsi sur certaines décisions politiques, grâce à l'intervention des associations internationales de solidarité.

["L'Europe des solidarités" - Extrait du livre des Etats Généraux de la Fnars - L'exclusion n'est pas une fatalité- 2006]