| Positions de la Fnars en matière de politique familiale | |||
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| Jeudi, 19 Mai 2005 | |
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Les 750 associations adhérentes à la Fnars ont pour mission de travailler avec des adultes en détresse sociale. Elles gèrent des centres maternels, des CHRS (Centres d'hébergement et de réinsertion sociale), des centres d’accueil et d’orientation et des services innovants : relais parentaux, services de médiation... De nombreux établissements d'hébergement et services accueillent des personnes avec enfants ; ils sont donc en contact permanent avec des familles en difficulté par leurs services de suivi des bénéficiaires du RMI (Revenu minimum d'insertion), d’accompagnement à la recherche de logement, d'insertion professionnelle, de soutien à la parentalité (lieux de prévention, de thérapie...).
La Fnars accueille ces familles pour les aider à sortir de la précarité, souvent à l'occasion d'une crise familiale ou sociale : séparation d'un couple, expulsion du logement... Généralistes de l'insertion, nos associations se trouvent souvent au coeur des situations de vulnérabilité. La Fnars réaffirme la nécessité d’un accompagnement social dans la durée pour toutes les personnes et familles qui en manifestent le besoin. Cet accompagnement doit s’appuyer sur les capacités des familles à trouver leurs propres solutions. Conformément à ses statuts, la Fnars cherche à "développer toute initiative visant la dignité, l'épanouissement, l'autonomie des personnes, couples, familles avec ou sans enfants, en difficulté d'adaptation ou d'insertion sociale, sans distinction de quelque nature que ce soit". Les propositions de la Fnars en matière de politique familiale sont tirées de l’expérience quotidienne des familles en détresse sociale, pas de l'ensemble des familles. Cette expérience nous amène à un constat complexe : la famille peut être pour ses membres le lieu de l'épanouissement, de la socialisation, de la solidarité première, et la politique familiale doit garantir les moyens et services nécessaires pour qu'elle remplisse au mieux ces fonctions ; mais la famille peut parfois être le lieu de dangers, de désespérances, et la politique familiale doit aussi faire face aux situations de familles en détresse. Les propositions de la Fnars sont tirées de l'observation participative de ces personnes et familles en détresses. Depuis plusieurs années, la Fnars note une augmentation de la demande d'aide de familles : phénomènes croissants de paupérisation, augmentation des demandes provoquées par des ruptures familiales et inter-générationnelles, des demandes de femmes avec enfants, de couples avec enfants, rajeunissement des demandeurs, manque de logements, de places d’hébergement, de travail, conséquence de la vie dans la précarité... Une politique familiale globale doit pouvoir prévenir ces fragilités et créer ou recréer un maximum de stabilité afin de garantir notamment une permanence de lieu pour les adultes et les enfants qui les vivent. Construites à partir des compétences et de la responsabilisation des familles quelle que soit leur origine, les propositions de la Fnars s'organisent autour de quatre défis majeurs : Garantir des ressources et des conditions de vie suffisantes et stablesL'insuffisance et l'instabilité des ressources ainsi que le cumul des difficultés (logement, emploi, endettement, santé...) favorisent la précarisation et l'isolement des familles. Plusieurs réformes sont nécessaires. - Les difficultés voire l’impossibilité d’accéder à un logement décent restent le principal obstacle à une vie familiale stable. Les plans successifs d’aide au logement paraissent impuissants à résoudre cette question pour les familles les plus en difficulté. C’est la raison pour laquelle, la Fnars défend le droit à un logement opposable, c’est à dire l’instauration d’une obligation pour les pouvoirs publics de mettre à disposition un logement. - La Fnars plaide pour une réforme du système des minima sociaux, visant à garantir que personne ne vive avec des ressources inférieures au seuil de pauvreté. Les allocations doivent suivre une évolution adaptée (celle du Smic ou celle du seuil de pauvreté). Le cumul temporaire d'un minimum social et d'un revenu d'activité est une mesure pouvant contribuer à favoriser la reprise d'emploi. De ce point de vue, il est indispensable que, dans tous les cas, l’existence d’un emploi, même à temps partiel, mette l’intéressé dans une situation meilleure que si elle ne bénéficiait que d’un revenu de solidarité. - La stabilité des ressources conditionne la stabilité de la vie de famille. Les ruptures d'allocations ou d'aides ont, en effet, des effets dévastateurs. L'annualisation et le lissage des effets de seuil sont donc nécessaires. Par ailleurs, il est inacceptable que des personnes en détresse ne puissent pas bénéficier de leurs droits ; aller vers les ayants droits, permettre l'accès aux prestations avec le principe du droit supposé et du contrôle à posteriori, sont des démarches qui doivent s'imposer. - Les allocations familiales et aides doivent être recentrées sur les familles à bas revenus. La Fnars souhaite qu'une réforme soit conduite et qu'elle ne se limite pas aux allocations proprement dites mais intègre aussi les aides fiscales, les aides personnelles au logement... - De même, afin de garantir une existence digne aux familles de demandeurs d’asile, la Fnars demande que le droit au travail leur soit reconnu rapidement. Faciliter l'accès aux droits et lutter contre les discriminationsLa complexité des dispositifs et le manque d'accessibilité à l'information sont des facteurs d'augmentation du processus de non-recours (inaccessibilité, suspension, abandon). Pour lutter contre cette situation qui touche souvent les plus démunis, la Fnars propose : - D’aller vers ceux qui ont des droits et qui ne les font pas valoir, permettre l'accès aux prestations avec le principe du droit supposé et du contrôle à posteriori. - D'améliorer les conditions du premier accueil dans les services publics et associatifs. Cette orientation rend nécessaire d’insister sur la qualification et la formation de ces accueillants qui sont essentiels pour prévenir le risque d’exclusion. - De renforcer les articulations entre les organismes de l’action sociale et leur inscription dans un territoire, ce qui suppose une connaissance réciproque et une formation continue commune des acteurs des schémas départementaux et régionaux. - D’articuler la compréhension des droits et l’exercice de responsabilités citoyennes. Rendre effectif le maintien du lien parentalPour se conformer au principe de non-séparation des familles prévue dans la loi "exclusions" (article 134) et lutter contre l’éclatement de la famille, la mobilisation et la concertation de tous les acteurs concernés apparaissent fondamentales. La médiation familiale inscrite par le politique dans le code civil depuis le 4 mars 2002, permet aux parents la compréhension de leurs droits et de leurs devoirs envers eux-mêmes et leurs enfants. - La Fnars rappelle, à ce titre, le rôle prépondérant que jouent les établissements CHRS dans la protection des enfants et des jeunes. Il est indispensable de stopper l'errance des familles et des enfants, en développant les mesures de prévention des expulsions et des accueils et logements temporaires adaptés. La société ne doit plus admettre que des enfants soient encore à la rue. - Il importe, par ailleurs, de rendre effectif le maintien du lien parental le plus en amont possible, notamment en cas de séparation, en créant, en assurant et en développant le fonctionnement des lieux de rencontres parents-enfants, y compris dans les prisons. La Fnars, à travers son programme "actions innovantes", contribue à l’émergence de services de soutien à la parentalité. Pour lutter contre le système d’accueil d’urgence de familles en hôtel qui perdure, et pour éviter la séparation des familles, la Fnars demande un plan pluriannuel d’investissement et de rénovation des structures d'accueil pour familles avec enfants (locaux appropriés). Accompagner les femmes et lutter contre les violences intra familialesAppréhender la problématique des familles fragilisées interroge nécessairement la situation des parents seuls, majoritairement des femmes, avec enfants accueillies dans le réseau de la Fnars. - La Fnars peut témoigner d'une forte augmentation du nombre de familles en situation de monoparentalité parmi les populations accueillies. Ces familles, très majoritairement représentées par des femmes seules avec enfants, nécessitent des modes d’accompagnement adaptés et des améliorations des conditions de vie (accès à l'emploi et au logement, ressources, garde des enfants, conciliation des temps, aide à la mobilité...). - La fédération constate, par ailleurs, une forte progression du nombre de femmes victimes de violences intra-familiales, violences souvent causes de ruptures et de leur marginalisation avec leurs enfants. L’ambition de faire diminuer de manière significative les violences faites aux femmes relève d'un programme volontariste dans les domaines de l'éducation, de la prévention de la consommation excessive d’alcool, de la médiation familiale, de l'accompagnement des hommes violents... Elle doit impliquer de nombreux acteurs dont ceux des secteurs sanitaire et social, de l'éducation nationale, de la justice et de la police. Pour les victimes et les auteurs de violences, sont à développer des accueils et des accompagnements qui supposent un partenariat de proximité.
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