| Le logement d'abord : qu'est-ce que c'est ? Qu'en pense la FNARS ? | |||
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| Mercredi, 20 Avril 2011 | |
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Le "logement d'abord" est le principe structurant de la Refondation. Il implique que nous engagions une réflexion profonde sur l'évolution des modalités d'intervention et des pratiques sociales que ce nouveau concept induit. Et que nous construisions des propositions très concrètes afin de s'assurer que le "logement d'abord" apporte une amélioration effective des réponses aux personnes en situation d'exclusion.
Le "logement d'abord" est le principe structurant de la « Refondation de la politique d'hébergement et d'accès au logement » engagée par le secrétaire d'Etat chargé du Logement fin 2009. Pourtant, il n'existe pas de conception universellement partagée du « logement d'abord », mais plutôt : Sur le principe, le logement d'abord repose sur la conviction que le logement est une condition préalable et nécessaire à l'insertion. La stabilité liée au logement en est alors un pré-requis. Cela signifie qu'avant toute chose, les personnes en difficulté d'insertion doivent pouvoir s'installer dans leur propre logement, un logement autonome, de droit commun, qu'elles ont choisi, pour lequel elles ont signé un contrat en leur nom sans limitation de durée, et qui n'est pas conditionné au suivi d'un quelconque engagement. Ce concept remet en question l'approche classique que l'on connaît en France, qui tend plutôt à poser le logement comme la finalité (et non la condition préalable) d'un parcours d'insertion. La personne en difficulté doit généralement prouver sa capacité à accéder au logement, par le passage dans des dispositifs d'hébergement temporaire, le logement étant l'aboutissement du parcours d'insertion. La FNARS a rédigé un document de travail qui a vocation à être débattu au sein du réseau et à évoluer grâce à l'expertise de terrain des associations. Le "logement d'abord" implique que le réseau engage une réflexion profonde sur l'évolution des modalités d'intervention et pratiques sociales que ce nouveau concept induit. Il s'agit d'aller au devant des personnes dans leur logement et d'envisager un accompagnement sur la durée, sans limite a priori. Il s'agit de s'organiser en équipe pluridisciplinaire (santé, CAF, référents RSA...) articulée autour des personnes qui ne sont plus obligées de changer de lieu, de renforcer les modalités d'accompagnement collectif et les lieux de socialisation, de s'ouvrir davantage sur la ville, sur le quartier etc. Il existe déjà, à l'évidence, un savoir-faire des associations et des travailleurs sociaux dans ce sens, et des expériences au sein du réseau sur lesquels il s'agira de s'appuyer.
La consultation du réseau est indispensable afin d'approfondir ce que la FNARS revendique, face à l'Etat, en termes de conditions fondamentales préalables à la mise en œuvre du principe du "logement d'abord". Le Délégué interministériel à l'hébergement et à l'accès au logement (DIHAL), vient en effet de diffuser un projet de texte, soumis à consultation des associations. Si la FNARS rejoint l'analyse sur plusieurs points, bien d'autres inquiètent. Notamment sur le rôle et le périmètre de l'accompagnement social. Pour la FNARS, l'efficacité du « logement d'abord » au profit des plus exclus est indissociable d'un accompagnement social qui soit : La FNARS a adressé un courrier au secrétaire d'Etat chargé du Logement dans ce sens. En définitive, l'objectif est de construire un cadre de référence partagé du "logement d'abord" entre associations et Etat, pour s'assurer que la mise en œuvre de ce principe, sur les territoires, fasse l'objet d'une réflexion et stratégie opérationnelle réellement partagée et collective. Ce cadre de référence est d'autant plus important que la FNARS constate actuellement un réel décalage entre le concept originel du logement d'abord et la déclinaison qui en est donnée aujourd'hui, sur le terrain, par les services déconcentrés de l'Etat. Ceux-ci semblent en effet braqués dans une logique de rationalisation des coûts, proposant des solutions de logement provisoires (résidence sociale, intermédiation locative...) et un accompagnement restreint car uniquement centré sur la problématique logement (et donc pas dans une approche globale), qui ne saurait être suffisant pour l'insertion durable des personnes les plus vulnérables. Si l'objectif recherché est uniquement de démanteler un modèle historique constitué autour du CHRS, il est bien évident que la FNARS ne marchera pas. La FNARS pense que le "logement d'abord", tel qu'il a été expérimenté aux Etats-Unis, peut avoir une réelle plus value sur l'insertion durable des personnes en situation d'exclusion. Mais à certaines conditions. Cela ne peut passer que par une stratégie de long terme, à construire étape par étape avec tous les acteurs concernés (Etat, associations, personnes accueillies, collectivités, bailleurs sociaux...), en s'appuyant sur leur savoir-faire et sur les expériences existantes. La déclinaison de ce concept doit aussi passer par une phase d'expérimentation avant d'en envisager la généralisation. C'est le droit à un accompagnement social global et adapté pour les plus vulnérables qui est en jeu. A télécharger :
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