| La CEDH et l'expulsion des étrangers atteints du VIH |
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| Réglementation | |
| Mardi, 03 Janvier 2012 | |
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La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a eu, de nouveau, affaire à l’expulsion d’une personne étrangère atteinte par le VIH vers un pays en développement, le Cameroun, ne présentant pas les garanties suffisantes en termes d’accès aux traitements. L’affaire concernait la Belgique. La CEDH estime que l’éloignement vers le Cameroun d’une jeune femme atteinte par le VIH n’emporte pas violation de l’article 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants) alors même qu’il est établi que l’accès aux traitements médicaux adéquats est très aléatoire au Cameroun et « que, comme toutes les personnes atteintes par le VIH dans sa situation, priver la requérante de ces médicaments aura pour conséquence de détériorer son état de santé et d’engager son pronostic vital à court ou moyen terme »
La Belgique est cependant condamnée dans cette affaire pour violation de l’article 3, non pas pour l’expulsion de la requérante vers le Cameroun mais pour sa détention en Belgique qui a détérioré son état de santé. Cette détérioration a été source, par conséquent d’un traitement inhumain et dégradant, justifiant ainsi la condamnation de la Belgique. Par ailleurs, la Belgique est également condamnée pour violation de l’article 13 (droit à un recours effectif) et article 5 (droit à la liberté et à la sureté).
En France, la loi besson du 13 juillet 2011 a modifié la possibilité pour les étrangers malades d’être régularisés pour raisons médicales. Alors que l’accès effectif au traitement devait être garanti avant la loi Besson, la simple disponibilité du traitement dans le pays d’origine suffit aujourd’hui à rejeter une demande de régularisation pour soins et par conséquent risquer l’expulsion de l’étranger. Cependant, l’instruction du 10 novembre 2011 relative aux recommandations pour émettre les avis médicaux concernant les étrangers malades atteints de pathologies graves, reste encore favorable pour les étrangers atteints du VIH. En effet, l’instruction rappelle que les dispositions d’une circulaire du 30 septembre 2005 restent toujours en vigueur. Cette circulaire précise que « dans l’ensemble des pays en développement, il n’est pas encore possible de dire que les personnes séropositives peuvent avoir accès aux traitements antirétroviraux ni à la prise en charge médicale nécessaire pour les porteurs d’une infection par le VIH » Leur régularisation est donc encore possible.
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