| Evolution de l'accueil des demandeurs d'asile : rencontre avec le service de l'immigration |
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| Positions de la Fnars | |
| Jeudi, 10 Mars 2011 | |
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La FNARS a rencontré le secrétariat de l'immigration et de l'intégration le 11 février dernier pour échanger sur les importantes baisses budgétaires prévues pour les CADA sur les 3 ans à venir, et plus largement sur les conditions d'accueil des demandeurs d'asile. La réalité du budget 2011 « Accueil des demandeurs d'asile » annonce une période difficile pour l'ensemble du secteur. Accomplie sans concertation et visibilité suffisante, alors que les pré-notifications budgétaires ne sont pas connues partout, ces orienations vont à rebours des besoins constatés sur les territoires et auront des conséquences préjudiciables pour les publics et les structures qui les accueillent.
Les baisses budgétaires interviennent en effet alors que les conclusions du rapport de l'IGAS sur le fonctionnement des CADA n'ont pas été publiées, et la campagne de contrôle de gestion SICC devant permettre d'objectiver les coûts est en cours. La FNARS a indiqué l'illogisme de la méthode, contraire à l'efficience des politiques publiques, qui consiste à évaluer avant de décider. Ces orientations vont par ailleurs à rebours des besoins constatés, dans une situation de crise de l'asile et de saturation du DNA et du dispositif AHI de droit commun. De nombreuses personnes demeurent sans solution d'hébergement proposées par l'Etat, et ce malgré la directive 2003/9/CE du conseil du 27 janvier 2003 imposant à la France de respecter des normes minimales d'accueil des demandeurs d'asile et le rappel du Conseil d'Etat d'octobre 2009. En cause, l'insuffisance des places d'hébergement d'urgence et en CADA. Si 1 000 places ont été créées au 1er juillet 2010, cela reste insuffisant alors que les délais d'attente pour l'entrée s'allongent. L'accès à une procédure d'asile doit passer par un hébergement et un accompagnement spécialisés, comme l'atteste le taux d'obtention de protection supérieur pour les demandeurs d'asile hébergés en CADA (60%) comparativement à l'ensemble des demandeurs d'asile (29%).
L'hébergement en CADA ne peut être isolé de la problématique de l'accueil et de l'hébergement des Demandeurs d'asile à l'entrée et à la sortie. De nombreux demandeurs d'asile restent sans solutions d'hébergement malgré les exigences européennes reprises à de nombreuses reprises par les tribunaux administratifs et le Conseil d'Etat. A l'insuffisance des places en CADA, s'ajoutent de nombreuses difficultés pour la prise en charge de ce public à l'entrée qu'à la sortie en CADA. Pour les déboutés, on observe une insuffisance et une saturation des places d'urgence dédiées ainsi qu'un accès aux places de droit commun difficile, face aux consignes administratives de sortie de ces personnes des structures de l'AHI . La sortie des réfugiés se heurte également à plusieurs difficultés et obstacles : pénurie de logements et manque de lien avec le SIAO, complexité du travail avec le Conseil Général sur le RSA,, avec pôle emploi, des délais long entre la signature et accès à la formation pour les CAI. Le secrétariat de l'immigration a indiqué la tentative de redynamisation et de programmation d'actions au niveau régional via les PRIPI avec l'objectif d'associer les collectivités locales. Pour le BOP 303 il existe une enveloppe, bien que faible, pour l'accès au logement et à l'emploi. La FNARS a rappelé enfin la nécessaire inter ministérialité pour la prise en charge de ce public, aujourd'hui trop souvent absente sur les territoires. La parution de la circulaire relative à la coopération entre les SIAO et les Plates-formes d'accueil pour demandeurs d'asile (PADA) du 31/01/2011 est à saluer dans son ensemble. Nous avons cependant souligné le risque d'une mauvaise interprétation du principe de subsidiarité posée par la circulaire en termes de répartition des compétences dans la prise en charge des publics. Si l'application de ce principe pour organiser les modalités de coopération entre le DNA et le SIAO est compréhensible au regard des champs de compétence respectifs, sa mise œuvre concrète se heurte à des limites certaines au regard de l'insuffisance de l'offre de prise en charge du DNA. Il ne doit ainsi pas être envisagé de manière littérale, ou comme un principe d'exclusion. Il convient dans ce cadre de réaffirmer le principe de l'accueil inconditionnel dans le dispositif AHI permettant l'hébergement des demandeurs d'asile dans les différentes structures : CHU, CHRS... Aussi le SIAO devra faire suite aux demandes d'hébergement des déboutés du droit d'asile ou demandeuse d'asile non prise en charge dans le DNA au même titre que les autres publics. Les récentes consignes administratives appelant à la sortie des structures des étrangers et à la non prise en charge de débouté par le SIAO insertion appellent à la vigilance de chacun. A ces inquiétudes, le secrétariat de l'immigration a indiqué que la circulaire venait de paraître, nécessitant un temps pour une mise en application effective sur les territoires de la coopération entre le DNA et le SIAO. La FNARS a indiqué sa vigilance, et propose d'organiser une veille pour observer l'effectivité es pratiques de collaboration sur les territoires entre SIAO et DNA et communiquer les dysfonctionnements et difficultés observées sur les territoires de non prise en charge des migrants.
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