| 1 200 régularisations : l’arbre qui cache la forêt (juin 2006) |
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| Positions de la Fnars | |
| Vendredi, 06 Octobre 2006 | |
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Le Ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, Nicolas Sarkozy, a annoncé mardi 6 juin la régularisation de la situation de familles étrangères en raison de la présence d’enfants scolarisés nés en France en leur sein. Cette décision va permettre à des familles, jusque-là en grande précarité de séjour, de s’installer durablement en France. Le gouvernement répond ainsi à une forte mobilisation de la société civile, à l’engagement d’enseignants, de parents d’élèves, de travailleurs sociaux et d’associations autour de ces familles et dans chaque école concernée. Nous nous réjouissons d’observer, une fois encore, que la mobilisation des citoyens peut être de nature à infléchir le cours des choses. Cependant, nous ne nous leurrons pas sur la portée de cette annonce qui s’inscrit dans le débat électoral actuel. Elle concerne en effet environ 1 200 personnes alors que l’on compte plusieurs dizaines de milliers de jeunes sans-papiers scolarisés, menacés d’être reconduits à la frontière. Cette mesure, loin d’être un "geste bienveillant", fait porter sur les enfants l’avenir de leurs parents. C’est une terrible responsabilité d’être ainsi celui par qui la régularisation arrive ou n’arrive pas. La Fnars est particulièrement indignée par l’un des trois critères retenus : celui qui oblige à ne pas parler la langue de son pays d’origine. On prive ainsi ces enfants de la richesse d’une langue supplémentaire, on les coupe de leurs racines, on dévalorise leurs parents qui, eux, parlent cette langue, on récompense ceux qui renoncent à leur culture. Quels adultes seront–ils demain, après une telle privation d’enfance ? Pour le réseau de la Fnars, attaché aux liens familiaux et à la possibilité donnée aux parents d’exercer leurs responsabilités éducatives, ces effets induits sont déstabilisants pour la cellule familiale. Cette mesure n'atténue pas l'opposition de la Fnars aux propositions contenues dans le projet de loi Immigration et intégration qui risque de remettre à la rue de nombreuses personnes, dans des conditions qui nuisent autant à la cohésion sociale qu'à la sécurité. La Fnars regrette que cette mesure soit fondée sur "le fait du Prince", c'est-à-dire une appréciation au cas par cas à partir de critères à la fois stricts et flous. Les associations regroupées au sein de la Fnars, qui accueillent et hébergent ces familles, peuvent témoigner des conditions de vie qui leur sont faites et qui restent toujours aussi inacceptables. Enfin, la Fnars craint qu'au-delà de cette mesure ponctuelle, les arrestations et les reconduites à la frontière d’étrangers et de leurs enfants se poursuivent pendant l'été. Elle redoute que cet affichage "généreux", au-delà de sa portée électoraliste, masque une opération d’expulsion massive. C'est pourquoi la Fnars demande la mise en oeuvre d’une politique d’intégration pragmatique qui ne laisse pas à l’abandon des milliers de personnes. Cela passe par des conditions de vie dignes, par la reconnaissance d’un droit au travail pour les adultes et d’une possibilité sereine d’apprentissage pour les enfants, dans l’attente d’une régularisation, ainsi que par une ambitieuse politique de développement et de coopération. La Fnars mène actuellement une large consultation de ses adhérents, dans le cadre d’Etats généraux, "L’exclusion n’est pas une fatalité !", qui se tiendront jusqu’à son Congrès de novembre 2006. La Fnars demandera alors aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager durablement sur ces points. La Fnars regroupe 750 associations et organismes gérant 2 200 centres et services dont 700 ont l'habilitation Aide sociale CHRS
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Communiqué 1 200 régularisations : l'arbre qui cache la forêt