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Expérimentation du Revenu contractualisé d’autonomie (RCA)
Positions de la Fnars
Jeudi, 02 Décembre 2010

Les récentes annonces du gouvernement relatives à une nouvelle phase de « plan jeunes » ont reçu peu d'échos dans les médias. Ce n'est pas une surprise, tant on poursuit le saupoudrage de mini-mesures, insuffisantes face aux enjeux du moment. Pire, en termes de méthode, le gouvernement semble n'avoir retenu aucune leçon de ses récents échecs. L'expérimentation du Revenu Contractualisé d'Autonomie (RCA) en est un bel exemple.

 

Voici ce que l'on sait depuis de nombreuses années :

- Que les dispositifs d'insertion des jeunes souffrent de leur profusion, de leur illisibilité, de leur morcellement. On parle volontiers d'un « mille-feuille », pénalisant pour les jeunes, les travailleurs sociaux et les employeurs.
- Que les Missions Locales ont du mal à donner de la cohérence aux mesures et actions dont elles disposent pour accompagner les jeunes en difficultés.
- Que pour permettre aux jeunes en situation de rupture familiale de vivre dignement et d'accéder à l'autonomie, il leur faut à la fois des revenus décents et un accompagnement consistant.
- Enfin que des expérimentations ne font pas une politique. C'est à l'inverse une vision politique qui doit donner sens et efficience à d'éventuelles expérimentations. Dans le cas contraire, celles-ci s'avèrent inefficaces, sinon contre-productives.

Or, en quoi consiste le RCA ?

- En une énième corde à l'arc des conseillers dans les Missions Locales ;
- En un revenu contractuel de 250 euros par mois, somme évidemment insuffisante pour vivre de façon autonome ;
- En une expérimentation parachutée sur un certain nombre de territoires, sans concertation préalable ni garantie de généralisation en cas de succès. Une expérimentation déconnectée de tout plan d'ensemble, engageant néanmoins la modique somme de 20 millions d'euros.

Bref, pas besoin d'être grand clerc pour anticiper l'échec de cette initiative. Lancé en 2008, le « Contrat d'Autonomie » avait déjà démontré par son fiasco ce qu'il en coûte de lancer à la va-cite un dispositif supplémentaire, ajoutant à la complexité de l'existant, sans cohérence ni plus-value. Le RCA le suivra au cimetière des effets d'annonce.

A l'inverse, il existe un dispositif désormais généralisé qui s'appelle le RSA, et pour lequel de nombreux acteurs, dont la FNARS, réclament depuis son origine une extension aux 18 / 25 ans, principales victimes de la crise économique actuelle. Dès lors, pourquoi ne pas expérimenter cette extension ? Au pire, on mettrait clairement en évidence d'éventuels effets pervers (le mystérieux assistanat généralisé des jeunes) ; plus probablement, on démontrerait avec objectivité à quel point les jeunes ont, tout autant que leurs aînés, le besoin et le droit d'accéder au RSA.

En définitive, le gouvernement est à mille lieux de l'élaboration d'une politique globale qui réponde aux besoins de tous les jeunes. Et si le mal-être manifesté aujourd'hui par la jeunesse dépassait le cadre de la réforme des retraites ? Et s'ils se rendaient compte à quel point le gouvernement les a abandonnés ?