| Processus d'exclusion et d'insertion en milieu rural |
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| Ressources documentaires | |
| Vendredi, 05 Juin 2009 | |
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Pauvreté financière, difficulté d'accéder aux soins, isolement, stigmatisation, débrouille, insalubrité des logements, inactivité, etc.... En milieu rural, nous avons à faire à une pauvreté « traditionnelle », « historique », à une « habitude de vivre », mais aussi à des phénomènes de disqualification sociale et de désocialisation.Pour mieux comprendre les processus d'exclusion qui opérent en milieu rural, la FNARS Bourgogne et l'Institut régional supérieur de travail éducatif et social (IRTESS) de Dijon ont réalisé une étude que vous pouvez télécharger ici.
PRESENTATION DE L'ETUDE Ce rapport est le résultat d'une réflexion que la FNARS Bourgogne porte depuis 2004. En Bourgogne nombreux sont nos adhérents qui interviennent en milieu rural. Les établissements concernés sont des Services d'Accompagnement de Réinsertion Sociale agissant au sein même des territoires ruraux, des Agents de Santé favorisant l'accès aux soins, et plus simplement des CHRS nouant des conventions et des partenariats avec des associations locales ou des CCAS pour organiser de l'hébergement d'urgence et le travail social autour du logement, et enfin des structures d'Insertion par l'Activité Economique créant du travail. Même si le milieu rural est pluriel, ces expériences nous amènent à dire qu'il y a de véritables problématiques de pauvreté qui prennent des formes particulières et concentrent des spécificités en terme de logement, d'emploi, de santé, de mobilité, d'accès aux droits. Il nous semble nécessaire de porter ces contingences de la ruralité collectivement auprès des décideurs afin qu'elles soient intégrées dans les politiques publiques. L'étude réalisée par l'IRTESS montre bien que le rural est traversé par les mêmes caractéristiques et processus d'exclusion que les autres territoires. Toutefois l'approche en terme de réclusion montre que des caractéristiques rurales, comme la difficulté de mobilité, l'isolement géographique, l'isolement social lié à des processus de stigmatisation accentuent les processus de pauvreté et enferment les personnes sur les territoires et dans des logiques d'assistance. Les modes d'approche de l'intervention sociale génèrent des comportements de prise en charge. C'est dans une logique de développement social local qu'il est alors possible de libérer les capacités de personnes souvent définies négativement par les constructions sociales La mise en réseau et une approche de développement territoriale engagent à construire des réponses où l'action sociale trouve une place à part entière dans un projet politique de territoire. La pauvreté en milieu rural nous amène à poser la politisation, au sens du politique et non de la politique, de l'action du travail social. Nous retiendrons les préconisations faites par l'IRTESS qui invite le territoire et pas simplement des structures d'accueil à devenir de facto des sites qualifiants afin d'apporter la logique multidimensionnelle du travail collectif aux étudiants en formation. Nous devons développer des logiques de formation action en lien avec les territoires d'intervention pour acquérir des compétences en matière de développement social local et de travail de réseaux. Il nous parait important de renforcer des approches de proximité avec une présence matérielle et humaines de nos interventions sociales en matière de logement, de santé qui doivent s'appuyer sur les ressources locales et s'inscrire dans des logiques de réseaux et de coopération. Cela doit nous amener à sortir des murs de nos institutions. Cette présence passe par le renforcement de l'ingénierie sociale et du développement social local de nos associations. Il nous parait nécessaire d'avoir une réflexion sur la question de la santé psychique, de ses contours, des moyens de sa prise en charge. Ainsi une approche en terme plus qualitative de recueil de récit de vie doit nous permettre d'éclaircir des notions et des amalgames par exemple entre isolement et « arriéré mental », entre déficience mentale, capacité intellectuelle et manque d'argent. Enfin dans un cadre où les logiques d'appel d'offre et de mise en concurrence des acteurs sociaux prennent de plus en plus de place dans l'action sociale, et conduisent à des logiques d'accompagnement de plus en plus ciblé et ponctuel, nous devons défendre la spécificité rurale. Il est important de promouvoir des clauses spécifiques sur la ruralité incluant le coût des transports, la nécessité d'implantation territoriale des acteurs, et les caractéristiques du développement social local décrites dans cette étude. Gilles PIERRE
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