| Un sommet pour l’emploi à la hauteur des enjeux ? |
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| Positions de la Fnars | |
| Jeudi, 29 Décembre 2011 | |
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C’est dans un contexte de dégradation sans précédent du marché de l’emploi que le Président de la République a convié les partenaires sociaux à un sommet sur l’emploi qui se tiendra le 18 janvier. En dépit des annonces optimistes de Xavier Bertrand après son arrivée au ministère du travail en novembre 2010 (faire passer le taux de chômage sous la barre des 9%), l’année Surtout, le chômage ne touche pas d’une manière uniforme l’ensemble des actifs : les jeunes et les travailleurs de plus de 50 ans (+ 15 % en un an), les femmes (+ 7 %) et les chômeurs de longue durée (+ 7 %) sont les plus touchés. Loin d’être encourageantes les prévisions pour 2012 laissent présumer un taux de chômage supérieur à 10% à mi année. C’est donc dans ce contexte dégradé et à quelques mois d’échéances électorales majeures que se tiendra le sommet pour l’emploi où les sujets du chômage partiel et de la réduction du temps de travail, et des « pactes de compétitivité emploi » seront abordés. Plus généralement, la dégradation continue du marché de l’emploi résulte des conséquences de la crise économique mondiale, mais il convient de s’interroger sur les réponses mises en œuvre par le gouvernement pour y répondre. Certes, le budget de l’Etat destiné à la politique de l’emploi est resté identique pour 2012, mais dans un tel contexte d’afflux de demandeurs d’emploi, c’est une augmentation des moyens qu’il aurait fallu mettre en place. Au regard des projections économiques pour 2012 nous pouvons craindre à nouveau une dégradation de l’accueil et du suivi des demandeurs d’emploi par un service public devenu exsangue. Auparavant repoussés car jugés inefficaces par la droite au pouvoir, les contrats aidés sont aujourd’hui réactivés alors que leur nombre avait fortement diminué en 2007. Mais l’effet d'amortisseur qu’ils constituent est utilisé par à coup, comme simple variable d’ajustement du chômage, sans vision cohérente et de long terme du dispositif. Actuellement, les injonctions de prescription tout azimut de contrats aidés faites au service déconcentrées et relayés aux conseils généraux sont à mettre en perspective avec la pénurie connue en 2010. Ces différences de situations illustrent l’absence d’une politique de l’emploi concertée et planifiée. Cette gestion à moyens constants, dans un contexte dégradé, et sans vision stratégique, s’accompagne d’un resserrement des exigences de l’état sur les opérateurs de la politique de l’emploi. Ceux ci se voient imposer des objectifs parfois purement quantitatifs qui ne reflètent pas l’ensemble du travail d’insertion accompli. C’est notamment le cas des missions locales (dont le financement va varier chaque année selon « les éléments de contexte et de performance ») et des acteurs du secteur de l’insertion par l’activité économique dont il s’agit de mesurer la « performance », celle-ci étant comprise d’une manière univoque, en termes de taux de retour à l’emploi. Des moyens constants, des exigences accrues et un contexte général dégradé, voici les éléments avec lesquels devront composer les acteurs de l’insertion et du service public de l’emploi en 2012. Reste que, pour mener à bien leur travail, les réponses politiques devront être à la hauteur des enjeux. Enfin, la question d’une transformation générale de l’économie revendiquée par les acteurs de l’économie sociale et solidaire regroupés autour de la dynamique impulsée par les Etats généraux de l’ESS se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité. Une politique de l’emploi cohérente et planifiée ne peut être déconnectée d’une réorientation de l’économie autour de la satisfaction des besoins humains et des territoires, dans un respect de l’environnement et des rapports nord/sud.
Clément Gérome |
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