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Comité interministériel de lutte contre les exclusions
Réglementation
Mardi, 24 Août 2004

Des mesures concrètes ont été décidées par le Cile (Comité interministériel de lutte contre les exclusions). A voir, à analyser et surtout à suivre dans le temps. Il s’est tenu le 6 juillet dernier, a repris dans ses fiches de nombreux thèmes issus des réflexions du groupe "Sans-abri et territoires", présidé par un représentant de la Fnars. En voici un résumé, avant une analyse plus détaillée à paraître après le prochain bureau de la Fnars.

Améliorer la veille sociale
Le Cile reconnaît que la veille sociale est insuffisamment développée sur l’ensemble du territoire. Il prône le renforcement des dispositifs d’accueil, avec du personnel et des formations adéquates. Mais les budgets annoncés semblent faibles : 3 millions d’euros en 2005, soit moins d’un temps plein par département.

Adapter le nombre de places d’accueil
Le Cile reconnaît l’engorgement du dispositif. Il projette d’ici 2007 la création de 1 300 places supplémentaires en CHRS et 2 000 supplémentaires en CADA.

Il prévoit également de libérer 10 000 places d’hébergement en favorisant le passage de l’hébergement au logement, entre autres grâce à la création de 4 000 places en maisons-relais.

Il s’engage dans une démarche de pérennisation, avec la transformation de 500 places d’hébergement d’urgence en places CHRS et 2 000 en places CADA.

Assurer le continuum urgence/insertion
Le Cile prévoit de créer dans chaque département un "pôle de premier accueil commun sur les droits sociaux" visant à simplifier les parcours des usagers.

On peut craindre avec cette mesure l’apparition de "guichets pour les pauvres" en dehors des administrations, qui ne favoriseraient pas non plus leur accès à l’autonomie.

Le Cile envisage également :
- la création, sur 5 ans, de 500 lits "halte santé", ainsi qu’un groupe de travail pour donner un statut juridique et financier à ce dispositif,
- la mise en place d’équipes mobiles à l’attention des personnes souffrant de troubles psychiques.

Il reconnaît que l’hébergement est souvent conçu sur un mode trop contraignant : dortoirs, durées de séjour figées, horaires rigides, pas de droit de visite, etc. 12 millions d’euros sont prévus pour tenter d’y remédier, à raison de 1 200 € par place, pour
10 000 places d’hébergement concernées.

Il prévoit enfin une réflexion pour offrir des réponses adaptées à des publics spécifiques comme les personnes âgées, les jeunes, les personnes addictives...

Garantir le droit à un enterrement digne

L’Union nationale des centres communaux d’action sociale ou l’association des maires de France doivent travailler avec les milieux associatifs pour élaborer une charte en ce sens.

Conclusion
Il faut espérer que cet élan du gouvernement sera maintenu, et que tous les partenaires joueront le jeu au moment de mettre en place les actions et groupes de travail prévus. Il faudra être vigilant quant à l’équilibre territorial des dispositifs (répartition des nouvelles places d’hébergement, des lits "halte santé", des maisons-relais...). Il importe surtout de s’appuyer sur les dispositifs existants, de chercher à les améliorer, plutôt que d’en imaginer systématiquement de nouveaux, qui risquent de créer des réseaux secondaires, spécifiques pour les personnes en situation de précarité.

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