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L'opinion des personnes accueillies
Ressources documentaires
Mardi, 21 Février 2006

 

Dans le souci de prise en compte de la parole des usagers, et dans l’esprit de la loi 2002-2, l’association Emmaüs de Paris a mené en décembre 2005, en partenariat avec l’institut de sondage BVA, une enquête auprès d’un échantillon de personnes accueillies dans ses centres à Paris et en région parisienne.

 Il en ressort que :

- la rue est rarement un choix de vie : 88 % des sondés veulent se fixer quelque part. Cependant, 19 % sont prêts à refuser une proposition d’hébergement qui n’est que sur du très court terme ;
- les lieux d’accueil ouverts la nuit sans hébergement, qui offrent sièges et boissons chaudes, sont très appréciés (83 % les jugent utiles) ;
- la moitié privilégient le contact humain avec un travailleur social pour accéder aux centres d’hébergement plutôt que le recours au numéro d’urgence 115. A l’inverse, 43 % disent préférer le 115 ;
- plus de la moitié des sondés se disent près à contribuer à l’action des associations, plutôt que de bénéficier d’un accueil purement caritatif ;
- les travailleurs sociaux sont appréciés pour l’aide essentielle qu’ils apportent (d’après 60 % des sondés). 40 % des personnes interrogées souhaitent que les travailleurs sociaux viennent à leur rencontre dans la rue ;
- le dispositif d’aide aux sans-papiers est jugé sévèrement, car il les contraint à bénéficier de prestations à visée humanitaire alors qu’ils ne rencontrent pas nécessairement de difficultés sociales ou personnelles ;
- enfin les sans-abri restent foncièrement optimistes puisque 77 % d’entre eux pensent que leur situation va s’améliorer (même si Emmaüs ne se cache pas qu’une part de cet optimisme, chez les personnes les plus dé-socialisées, est peut-être ce qui leur permet simplement de supporter la situation).

Cette enquête confirme encore les difficultés d’accès aux droits (soins de santé, CMU [Couverture maladie uni-verselle], AME [Aide médicale état]), l’importance des lieux de proximité et, à l’inverse, les complexités d’organisation quand les dispositifs sont essaimés dans tous les coins de la capitale [ne serait-ce que les rares toilettes publiques gratuites]) le rejet ressenti dans le regard des passants, l’ennui et l’isolement.

Vous pouvez télécharger ci-dessous les résultats complets de cette étude

Emmaüs BVA graphiques (781 Ko)

Observations et commentaires Association Emmaüs (86 Ko)

Synthèse Emmaüs BVA (109 Ko)

Communiqué Opinion et attentes personnes hébergées (90 Ko)