Quel projet pour la FNARS, demain ?
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Jeudi, 16 Avril 2009

par Nicole Maestracci, Présidente de la FNARS - 15 avril 2009

« Depuis quelques mois, tous les adhérents de la FNARS sont invités à participer à une réflexion, commune à toutes les régions, afin de permettre à notre fédération de réactualiser son projet fédéral adopté en 2004.
Notre projet doit devenir une sorte de colonne vertébrale de la fédération. Il doit définir des principes de pensée mais aussi des principes d'action. Il est constitutif de notre identité et doit nous permettre de dire plus clairement aux décideurs ce que nous voulons concrètement.

Les 5 axes définis en 2004 restent pertinents ; nous avons avancé sur certains, moins sur d'autres. Les débats en régions sont une occasion d'en faire un bilan mais surtout de proposer des priorités pour les années à venir. Quelles sont les évolutions dont nous devons tenir compte ? Quelles conséquences la crise actuelle aura-t-elle pour les personnes les plus fragiles et pour la conduite de nos actions ? Quels enseignements retenons-nous de ces dernières années ? Livre des Etats généraux en 2006, Conférence de consensus en 2007, Grenelle de l'insertion en 2008, etc. ?
Quel rôle pour les associations de solidarités dans chacun de nos territoires, dans la société française, en Europe ?

En complément de ces réflexions, je voudrais insister sur quelques points :
 Travailler sur le projet de notre fédération ne doit pas figer notre pensée mais au contraire nous rendre plus attentifs aux bouleversements du monde et donner un sens au mouvement. De ce point de vue, nous devons analyser avec rigueur les conséquences de la crise économique pour les personnes que nous accueillons afin de distinguer ce qui relève de celle-ci de ce qui résulte des carences et de l'absence d'anticipation de la politique conduite ces dernières années.
 Le risque est que nous nous contentions d'affirmer de grands principes sans se préoccuper de leur application concrète dans nos pratiques. Ainsi nous voulons offrir aux personnes hébergées un « accueil digne »; sommes-nous d'accord pour affirmer qu'une chambre individuelle est le minimum nécessaire à un accueil digne ? Si oui, cela a des conséquences tant dans les projets associatifs et d'établissements, que dans les revendications que devra porter la fédération.
Réduire l'écart entre nos orientations et leur mise en œuvre est une démarche indispensable pour que nous soyons crédibles.
 Même si la révolte est un moteur nécessaire, la dénonciation ne suffit pas. Pour sortir de cette logique, il faut dire ce que nous voulons et être capable de proposer. Ainsi, face au développement des « appels d'offre », nous affirmons que nos associations apportent un « plus ». Comment explicitons nous la « plus value associative », dans nos rencontres avec les collectivités locales, dans nos réponses à ces appels ? En 2006, à l'occasion des Etats généraux, nous avons avancé plusieurs propositions. Les reprenons-nous à notre compte dans nos rencontres avec les pouvoirs publics ?
 Comment tenons-nous compte du regard que portent les usagers à l'égard des services que nous leur proposons ? La prise en compte des attentes et des insatisfactions des usagers des services publics est un mouvement de fond dans notre société. Nous devons à l'évidence intégrer cette dimension dans la gestion de nos structures. Comment ? Les voies sont multiples, mais elles ne concernent pas seulement nos établissements. La FNARS, en région et au national, se doit de bouger.
 L'évolution la plus significative de ces dernières années n'est pas l'augmentation de la pauvreté, mais l'accroissement des inégalités. C'est une dimension que les associations, trop volontiers cantonnées à la lutte contre l'exclusion, ont toujours hésité à aborder. Pourtant, il paraît de plus en plus évident qu'il est illusoire de faire reculer la pauvreté sans s'interroger sur la manière dont les richesses sont partagées. D'autant plus que nous constatons tous les jours à quel point ces inégalités conduisent à des déterminismes sociaux qui pèsent, dés leur plus jeune âge, sur la plupart des hommes et des femmes que nous accueillons ? Mais si cet axe fait partie de nos orientations, quelles conséquences dans nos pratiques associatives et fédérales ?
 Coopérer, mutualiser, se regrouper, fusionner. Ces mots sont présents dans nos rencontres, dans nos dialogues avec les pouvoirs publics. Nous savons bien qu'une évolution est en cours. Nous ne voulons pas la subir mais en être acteur en partant des besoins territoriaux. Un travail local, rigoureux et cohérent, pour définir ces besoins est indispensable pour toute évolution structurée de notre secteur. Cela engage nos associations, cela est une exigence que nous devons porter ensemble à tous les niveaux.
Le rappel de ces points ne vise pas à l'exhaustivité et la réflexion reste ouverte. Je ne peux que vous inciter à nous faire part de vos contributions. »
Nicole Maestracci
Présidente de la FNARS