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La perception politique des personnes en situation d'exclusion
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Mercredi, 15 Novembre 2006
Baromètre d'opinion, 3ème vague, CSA / Fnars / La Croix, novembre 2006

Principaux enseignements de la troisième vague du baromètre l’Univers des SDF :
- La volonté manque aux politiques là où les moyens semblent exister.
- L’envie de participer, de s’intégrer mais aussi de transformer la société domine et se renforce chez les sans domicile fixe.
- Si le logement et l’emploi sont au coeur des enjeux qu’ils pressentent pour la présidentielle, l’exclusion doit aussi être prioritaire pour les hommes politiques.
- La situation objective des répondants semble s’être améliorée, notamment du fait de la CMU et de l’action des différents acteurs : travailleurs sociaux et associations d‘aide aux SDF.

A sept mois de l’élection présidentielle, la prise en compte de l’avis des sans domicile fixe est l’occasion de mettre en lumière leur relation au politique et l’évolution de leur situation.

L’aspiration au droit à la ressemblance

Ils sont aujourd’hui, plus encore qu’il y a 9 ou 12 ans, animés d’une volonté de s’intégrer (35%) et de transformer la société (30%). L’attente vis-à-vis de la réinsertion dans la vie de la cité est donc réelle et leur volontarisme fort. Ils sont 77% à considérer que d’ici un an ou deux leur situation ira mieux. Cette évolution est espérée par l’obtention d’un logement stable (87%) ou d’un emploi stable (76%), deux facteurs clés de leur réinsertion et dont la privation signe l’exclusion sociale.

L’amélioration du quotidien...

Au quotidien, la situation des sans domicile fixe a évolué depuis nos dernières enquêtes.
Ainsi eux-mêmes constatent une amélioration de l’aide qui leur est apportée. L’accès aux soins médicaux (83%, +14 points), la CMU 78% qui s’est imposée entre temps, l’accès à des aides d’ordre psychologique (56%, +12 points), l’hébergement de moyenne durée (moins de trois mois) (47%, +16 points) ou encore, l’accès à une formation ou à un emploi (38%, +14 points), l’accès au logement (27%, +8 points) sont autant d’évolutions favorables en ce qui concerne la situation quotidienne des sans domicile fixe.

...entraîne une meilleure perception des acteurs

Cette amélioration, auprès d’une population qui déclare compter avant tout sur elle-même (66%, contre 28% sur l’aide des associations et 9% seulement sur l’aide de l’Etat), se fonde notamment sur quelques acteurs clés. Ainsi ils font confiance à 82% (plus 18 points par rapport à 1997) aux travailleurs sociaux, aux associations de SDF (77%, plus 6 points), à leur famille (50%, plus 11 points) etc. Cette vague de l’enquête indique que la plupart des acteurs de l’insertion sont mieux acceptés que lors des enquêtes de 1997 ou 1994, une confiance qui traduit l’évolution de cette population mais aussi les résultats des actions concrètes entreprises. Actions qui cependant restent loin d’être satisfaisantes. Si le focus est mis sur les pouvoirs publics, seuls 25% des répondants sont satisfaits.

L’attente de volontarisme politique qui met en avant Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy

La perspective de l’élection présidentielle est par nature génératrice de demandes, les attentes qui émergent étant symptomatiques de la situation des sans domiciles fixes. L’emploi et le logement dominent très largement les autres demandes, comme par exemple l’exclusion (avec seulement 14%). Elle ne constitue par pour eux un enjeu en soi mais un enjeu pour soi : 80% souhaitant qu’il soit l’un des sujets prioritaires de l’élection.

L’inscription sur les listes électorales ne concerne aujourd’hui que 34% des répondants, alors même qu’ils sont 45% à avoir l’intention de voter. Le désir de participation existe. Le vote manifeste de façon particulièrement évidente la volonté de participer et le sentiment de sa propre intégration.

La question centrale de cette participation concerne le rapport qu’établissent les sans domicile fixe entre les moyens et la volonté des hommes politiques. Ils sont ainsi 56% à considérer que les hommes politiques auront les moyens, après l’élection présidentielle, d‘améliorer leur situation, contre seulement 30% qui disent qu’ils en auront la volonté.

Parmi ceux qui se prononcent : un souhait de vote Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy est mis en avant, dans la mesure ou ils semblent incarner à la fois la volonté et la possibilité de peser sur le cours des choses. Les SDF souhaitent revenir au coeur de la société et pour les plus intégrés d’entre eux, voir le retour du politique au coeur de la cité. L’insertion sociale demeure la clé de l’insertion citoyenne.

Vous pouvez télécharger ci-dessous les résultats détaillés du sondage.


Fiche technique du sondage

Sondage exclusif CSA / Fnars / La Croix réalisé en face-à-face du 30 octobre au 10 novembre 2006.
Echantillon national de 493 personnes hébergées en Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU) et Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS), âgées de 18 ans et plus. 42 points d’enquêtes ont été sélectionnés aléatoirement au sein du fichier national des lieux d’accueil et d’hébergement recensés par la Fnars. Les interviews ont été réalisées en Face-à-Face dans les centres d’accueil et d’hébergement après stratification par région.
(Tous les sondages publiés par CSA sont disponibles sur le site : http://www.csa-fr.com)

Lors de la conférence de presse où les résultats de ce sondage ont été commenté, le Fnars à présenté :

- Le Livre des Etats généraux de la Fnars "Parce que l'exclusion n'est pas une fatalité" : cliquez ici pour le consulter,

- le programme du congrès des 50 ans de la Fnars : ci-dessous, à télécharger le programme définitf détaillé et la présentation des 900 participants.

Sondage Perception politiquedes personnes en situation d'exclusion (299 Ko)

Synthèse sondage CSA (189 Ko)

900 participants au congrès Fnars (68 Ko)

Programme définitif du congrés (459 Ko)