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Qui s'intéresse encore aux exclusions ?
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Jeudi, 10 Juin 2004
Baromètre "Les Français et l’exclusion" de l'Institut CSA – mai 2004. Sondage Fnars / La croix / CSA

 

Pour chacune des institutions ou acteurs suivants, les trouvez-vous suffisamment ou insuffisamment mobilisés ?

Suffisamment

Les associations d’aides aux exclus 63 %

L’hôpital, les services médicaux 56 %

Les associations de chômeurs 55 %

Les travailleurs et les services sociaux 53 %

Cette confiance est certes encourageante pour la Fnars, fédération d'associations qui mobilisent des milliers de bénévoles et emploient des milliers de travailleurs sociaux... mais comment se concrétise-t-elle ? 44 % pensent qu'il serait efficace de renforcer les moyens des associations qui assurent l'accueil, l'hébergement et l'insertion.

Les pouvoirs publics et les acteurs économiques ne sont pas assez mobilisés...

La loi de lutte contre l'exclusion de 1998 est jugée "pas efficace" par 56 % des Français. Le récent rapport d'évaluation de l'Inspection générale des affaires sociales a mis en exergue le manque de pilotage de l'Etat. Pour les Français, la mobilisation des pouvoirs publics et des acteurs économiques est insuffisante pour lutter contre l'exclusion.

Pour chacune des institutions ou acteurs suivants, les trouvez-vous suffisamment ou insuffisamment mobilisés ?

Insuffisamment

Les chefs d’entreprises 75 %

L’Etat 74 %

Les instances de l’Union européenne 65 %

Les organismes HLM 58 %

Les conseils régionaux et généraux 58 %

L’école 56 %

Les organisations syndicales 50 %

Les maires 50 %

 Pour être efficace, il faut prendre des mesures préventives...

(r) renforcer les moyens de l'Education nationale ;
(r) récupérer les logements vides ;
(r) obliger l’administration et les services sociaux à apporter une réponse immédiate en terme d’écoute et d’orientation aux personnes en difficulté qui s’adressent à eux pour éviter les renvois de services en services ;
(r) intégrer la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale dans les politiques de l’Union européenne ;
(r) garantir à tout le monde l’accès effectif à un logement, notamment en instaurant une Couverture logement universelle et en récupérant les logements vides ;
(r) prendre en compte l’avis des personnes exclues dans les lieux de décisions et de concertation (ministères, collectivités, Assedic, sécurité sociale...).

... et répondre aux besoins des personnes les plus en difficultés.

Le numéro d'urgence 115 "Accueil sans abri" et la Couverture maladie universelle (CMU) sont plébiscités (69 % et 68 % très ou assez efficace). Les demandeurs d'asile et les réfugiés  doivent être mieux accueillis pour 49 %, soit 5 points de plus qu'en 2002.
Pour les Français, ce qui paraît peu ou pas efficace du tout pour lutter contre l’exclusion : l’aménagement et la réduction du temps de travail, les 35 heures (72 %), les emplois-jeunes (58 %), la décentralisation et le transfert des compétences de l’Etat en matière de lutte contre les exclusions aux régions, aux départements et aux communes (56 %), le RMA (Revenu minimum d’activité) (54 %).

La totalité du sondage est à télécharger ci-dessous

Fiche technique du sondage

Sondage exclusif CSA / Fnars / La Croix réalisé par téléphone les 25 et 26 mai 2004.

Echantillon national représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Tous les sondages publiés par CSA sont disponibles sur le site : http://www.csa-fr.com

Dossier Sondage 09 06 04 (192 Ko)

 Un durcissement de l’opinion des Français et des contradictions...

(r) Les ¾ des Français ont de la sympathie pour les exclus ou sont prêts à les aider. Mais depuis 1993, ils n'ont jamais été si peu nombreux à être prêts à les aider (35 % en 2004, 43 % en 1998 et 1995), ils "se limitent " à la sympathie (40 %), la méfiance restant importante (21%), nettement plus importante qu'en 1998 (13 %).
(r) 71 % des Français estiment que le problème de l’exclusion est plus grave qu’il y a quelques années, mais ce taux était nettement plus fort en 1998 et 1996 (80 et 78 %).
Une majorité d’entre eux redoute de devenir un jour un exclu, notamment chez les moins de 50 ans (6 français sur 10) ou parce qu’eux ou leurs proches sont touchés par l’exclusion (1 français sur 10).
(r) Une faible majorité (54 %) estime que l'on parle trop de l'exclusion, ils étaient 61 % en 1998. Et une forte majorité estime que l’on ne fait pas assez pour la lutte contre l’exclusion dans notre pays : 59 % en mai 2004 comme en 1998 et 1996, contre 53 % en 2002.
(r) Etre exclu c’est d’abord et plus que jamais : être sans travail (48 %), être sans logement (40 %), ne pas pouvoir se soigner (37 % contre 30 % en 2002, les incertitudes sur l'avenir de l'assurance maladie ne s'expriment-elles pas ainsi ?).
C’est aussi : être sans argent (28 %), ne pas pouvoir faire valoir ses droits sociaux (23 %), être séparé de sa famille (22 %), être sans papiers ou réfugié (18 %).

... la solidarité, certes, mais chacun veut-il en prendre sa part ?

(r) Alors que les discours dominants font porter la responsabilité de l'exclusion et des solutions sur les exclus eux mêmes, les Françaix ne sont que 15 % (comme en 1998) à estimer que ce sont aux exclus eux-mêmes de se donner les moyens de s'en sortir alors qu'ils étaient 20 % en 2002.
(r) "C'est à chacun d'entre nous, dans la vie quotidienne, d'aider les personnes en difficultés" disent les Français à 41 % comme en 1998, ils n'étaient que 35 % en 2002.
(r) 41 % pensent également que la solidarité doit être essentiellement prise en charge par l’Etat et l’impôt (moins qu'en 2002 : 44 %) ; ils ne sont que 6 % à penser qu'il faut augmenter les impôts pour cela, mais ils n'étaient que de 1 à 3 % les années précédentes. 68 % estiment qu'il faut davantage utiliser les fonds publics pour la lutte contre les exclusions, mais les mesures ayant un impact direct sur les personnes ou un coût direct pour la collectivité ne sont pas les premières retenues : étendre le RMI aux moins de 25 ans (19 %), augmenter les minima sociaux (34 %), réduire les charges sociales des entreprises (35 %)...

Ils reconnaissent l’engagement des associations, des travailleurs sociaux et des services de santé... mais ne se reposent-ils pas sur eux ?