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Qui s'intéresse encore aux exclusions ?
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Jeudi, 10 Juin 2004
Répondre au défis de la société et avoir les moyens d'agir.

 

L'attitude des Français vis à vis des personnes qui sont en situation d’exclusion est de plus en plus paradoxale.

Ils sont plus nombreux à avoir de la sympathie pour eux (40 %), mais moins à être prêts à les aider (35 %). Ils ne cachent d’ailleurs pas leur peur de devenir un jour exclus (6 Français sur 10 de moins de 50 ans).

Les discours dominants qui font porter la responsabilité de l’exclusion et des solutions sur les exclus eux-mêmes ne semblent pas être suivis par les Français. Même s’ils sont prêts à prendre leur part dans la lutte contre les exclusions et à manifester leur solidarité, ils préfèrent "déléguer" aux associations, demander aux pouvoirs publics et aux acteurs économiques d’agir ! Si l'impôt doit prendre en charge la solidarité, les mesures ayant un impact direct sur les personnes ou un coût ne sont pas les premières retenues ! Par contre, celles qui permettent d'agir préventivement aux situations d'exclusion sont jugées efficaces.

Pouvoirs publics et acteurs économiques sont jugés insuffisamment mobilisés par les Français dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion... d’où l’importance de la première orientation de notre projet fédéral : "influencer les décideurs..." et également "...changer les représentations", en effet des actions sont aussi à mener vis à vis de l’opinion publique, pour que la solidarité ne se limite pas à la sympathie.

Dans cette "bataille" contre les exclusions, les associations d’aide aux exclus et les travailleurs sociaux font partie des acteurs mis en tête dans la mobilisation. Pour la Fnars, fédération d’associations qui emploient des milliers de travailleurs sociaux, cette appréciation vient conforter deux autres orientations de notre projet fédéral :
- soutenir et défendre le mouvement associatif trop souvent mis en cause et insuffisamment soutenu,
- reconnaître la place du travail social dans la société, non seulement pour accompagner les personnes mais aussi pour créer du lien.

"L’exclusion s’est aggravée dans notre pays depuis 2002" tel est le jugement sévère des français : 7 français sur 10 estiment que le problème de l’exclusion est plus grave qu’il y a quelques années. "Il n’y a pas suffisamment de choses faites" obtient des scores analogues à ceux de 1998, soit avant le vote de la loi de lutte contre les exclusions et les mesures phares de ces dernières années.

Pour lutter contre les exclusions, les Français attendent des mesures "politiques". Ils veulent que la lutte contre la pauvreté et les exclusions soit pleinement intégrée dans les politiques de l’union européenne ou que l’accès effectif à un logement soit enfin garanti à tous dans notre pays, et des mesures qui paraissent de bon sens telle que prévenir l'échec scolaire ou apporter une réponse immédiate à toute personne en difficulté dans tout service administratif ou social...

Les Assises du logement et la Conférence de lutte contre l’exclusion qui se tiendront début juillet donneront l’occasion aux pouvoirs publics de prendre en compte ces attentes et les propositions des réseaux associatifs.

Avoir les moyens pour agir 

ALT, AML, APL, ASI, CADA, CEC, CES, CHRS, CUI, FSL, Mous, PDI, Praps, RMA, RMI, SAO, etc., etc. Tous ces sigles, et bien d'autres, sont connus des acteurs de la lutte contre l'exclusion. Chacun correspond à un dispositif, une allocation, un financement... Les uns permettent d'assurer l'hébergement d'une personne à la rue, un autre son accès à un logement, un autre sa remise au travail, certains y associent une démarche d'accompagnement social, parfois les enfants sont pris en compte, quelques-uns uns sont prévus spécifiquement pour tel public, etc.

Etre exclus c'est être sans travail, sans logement, ne pas pouvoir se soigner..., comme le rappelle le sondage Fnars / La Croix / CSA, et les personnes en situation d'exclusion cumulent très souvent ses difficultés. Aider ces personnes, les prendre en charge, les accompagner pour qu'elles retrouvent leur autonomie et leur dignité nécessite de combiner ces nombreux dispositifs et financements qui impliquent des décisions de différentes administrations de l'Etat (affaires sociales, emploi, logement...), de collectivités territoriales ou autres organismes publics ou para-publics.

Etre acteurs de la lutte contre l'exclusion, c'est consacrer beaucoup de temps à constituer des dossiers, argumenter auprès de nombreux interlocuteurs, attendre les réponses de tous, et espérer que les financements obtenus soient versés rapidement !

Cette complexité, voire opacité, est de plus soumise aux aléas des décisions des pouvoirs publics. De nouveaux dispositifs sont annoncés, mais, entre l'annonce et la mise en place effective, il faut attendre des mois si ce n'est des années. Les financements de la plupart des dispositifs ne sont pas suffisamment revalorisés pour répondre aux besoins, certains sont mêmes fortement réduits. Et notre secteur n'est pas épargné par les gels budgétaires ou par des circulaires restreignant les conditions d'accueil et d'hébergement de certaines catégories de personnes.

La fiche "Un secteur en crise financière" illustre par de nombreux exemples cette situation inacceptable. Cette crise s'amplifie années après années, malgré la mobilisation de la Fnars, et plus largement des réseaux associatifs, qui s'est traduite, entre autres, par des manifestations de rue : le 11 octobre 2002 au Champ de mars, le 5 juin 2003 dans pratiquement toutes les régions ; et en 2004, le 28 mai à Marseille 200 manifestants pour protester contre les coupes claires effectuées dans le budget du FSL (Fonds solidarité logement), du 3 au 5 juin les associations d'Alsace déplacent leurs services dans la rue, 8 juin à Toulouse fermeture des établissements de la région et manifestation de la place du Capitole à la préfecture, et d'autres initiatives se préparent.

Madame Nelly Olin, ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion a annoncé plusieurs mesures :
- L’envoi au conseil d’Etat d’un décret budgétaire d’avance qui doit être publié au journal officiel mi-juin et portant sur le déblocage de 146 millions d’euros dont 14 sont prévus pour les CHRS. Une mission sera confiée à l’Igas et à l’IGA pour évaluer précisément d’ici la rentrée les besoins des CHRS afin de débloquer une seconde enveloppe permettant "d’apurer le passé" et repartir sur de nouvelles bases en 2005.
- Le déblocage des crédits bloqués (10 %) de l’ALT.
- La relance du programme de maisons-relais, sur la base d’un maximum de 12 personnes accueillies.
- La transformation chaque année d’une partie des crédits actuellement consacrés aux hébergements en hôtels en financements CADA (Centre d'accueil pour les demandeurs d'asile). L’hôtel sera réservé aux "urgences extrêmes".
- Des réflexions vers un Contrat unique d’insertion d’une durée de 3 ans.

La Fnars, qui salue ces annonces, espère qu'elles se concrétiseront très rapidement. Mais, comme les mesures prises l'automne dernier, elles ne doivent pas se limiter à de simples réajustements non reconductibles.

Il est urgent de "tirer vers le haut" le secteur le plus au contact des grandes exclusions de notre société et le sortir de la précarité qui est le sien. Il faut lever les obstacles et les entraves à l'action des associations de solidarité. La fiche "Combattre la pauvreté et l'exclusion" reprend l'ensemble des positions et propositions de la Fnars sur douze thèmes majeurs qui se fondent sur trois axes décisifs :
- garantir enfin dans notre pays l'accès effectif de tous aux droits de tous ;
- simplifier, réduire et fusionner les dispositifs et allocations, puis les stabiliser, pour qu'ils soient adaptés aux problématiques des personnes en difficulté et non pas répondre à des logiques "administratives" ;
- évaluer les enveloppes budgétaires nécessaires à moyen terme pour garantir aux acteurs des financements stables sur plusieurs années.

Avoir accès à un emploi et à un logement sont des droits fondamentaux... que notre société à le devoir de se donner les moyens de les accorder à chacun. C'est pourquoi nous développons nos propositions dans ces domaines.

Si le prochain plan de cohésion sociale ainsi que le projet de loi de finances 2005 n'engagent pas résolument un renforcement de la lutte contre les exclusions, ce sera un électrochoc pour la Fnars et tous les acteurs.

Au sommaire du dossier de presse

u Répondre aux défis de la société. Avoir les moyens pour agir.
u  Présentation des résultats du sondage Fnars / La Croix / CSA (6ème édition du baromètre "Les Français et l'exclusion").
u  Combattre la pauvreté et l'exclusion. Propositions de la Fnars pour le plan de cohésion sociale, les assises du logement et la conférence nationale sur la lutte contre les exclusions.
u  Les propositions de la Fnars pour l'emploi.
u  Les priorités de la Fnars pour le logement.
u  Projet fédéral de la Fnars : dans une société fragmentée... une conception du "vivre ensemble"... des engage-ments autour d'orientations prioritaires.
u  Un secteur en crise financière.
u  Elections européennes. Courrier diffusé aux député(e)s et candidat(e)s par les associations régionales Fnars.

Dossier Qui s'intéresse aux exclusions 09 06 04 (1214 Ko)

Dossier Défis et moyens 09 06 04 (109 Ko)

Dossier Secteur en crise 09 06 04 (146 Ko)

Dossier Emploi 09 06 04 (118 Ko)

Dossier Europe 09 06 04 (102 Ko)

Dossier 09 06 04 Logement (114 Ko)

Dossier Projet fédéral 09 06 04 (140 Ko)

Dossier Sondage 09 06 04 (192 Ko)

Communiqué Pauvreté et exclusion 27 04 04 (156 Ko)

Répondre aux défis de la société