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Le dispositif de crédit accompagné de la FNARS évalué
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Jeudi, 09 Décembre 2010

En 2010, la FNARS a souhaité évaluer la pertinence de son dispositif de microcrédit personnel, en fonctionnement depuis environ deux ans, et qui a déjà permis l'octroi de plus de 110 prêts dans les 13 régions expérimentatrices. Après quelques mois de travaux, le rapport d'évaluation - réalisé par un organisme indépendant - sera bientôt finalisé.

Un cadre méthodologique centré sur 5 régions


Début 2010, la FNARS a sollicité un organisme d'évaluation pour faire le point sur une expérimentation qu'elle mène depuis 2008. Ce travail poursuivait deux objectifs : analyser la pertinence d'un tel outil au regard des besoins des personnes accueillies par les structures adhérentes à la FNARS ; s'assurer de la cohérence de la mise en œuvre du dispositif, notamment en termes d'organisation et de communication.

Cinq associations régionales FNARS ont donc été retenues pour constituer un échantillon d'évaluation représentatif, offrant une variété de situations (type de territoire, nombre de partenaires bancaires, mode d'organisation et de communication, ancienneté, etc.) : Bretagne, Bourgogne, Ile de France, Pays de la Loire et Rhône-Alpes. Outre un important travail de documentation, à chaque fois, des entretiens ont eu lieu avec l'ensemble des acteurs du dispositif sur le terrain, usagers, travailleurs sociaux, directeurs d'association, responsables FNARS, mais aussi financeurs et partenaires bancaires. Les évaluateurs ont ensuite formalisé leurs observations et réuni une personne de chaque région au cours d'un groupe de travail qui a permis de discuter et de valider les pistes d'amélioration envisagées.


Les points forts du dispositif


Concrètement, le modèle organisationnel retenu par la FNARS, qui a choisi de positionner des personnes ressources dans chacune de ses associations régionales en appui des structures adhérentes, apparaît pertinent. Ce soutien de proximité joue en effet un rôle important dans le montage des premiers dossiers et permet de faciliter la présentation d'un projet complet aux partenaires bancaires. « La présence des chargés de mission constitue à ce jour une réserve d'expertise [...] au sein du réseau », souligne ainsi le rapport d'évaluation.

En ce qui concerne l'outil en lui-même, il offre la possibilité d'un rapprochement entre deux cultures très différentes, celle de la banque et celle du travail social. Il constitue donc un premier pas intéressant, dans l'optique de faire évoluer le regard parfois stéréotypé que portent les banques sur les personnes en situation d'exclusion. Inversement, le dispositif peut lever les réticences de certains travailleurs sociaux vis-à-vis des questions d'argent en interrogeant leurs pratiques professionnelles. Un directeur de CHRS témoigne : « On a toujours une petite réticence à parler de banque et d'argent, même si ce n'est pas formulé [...]. Un projet comme le microcrédit permet de se familiariser, c'est une passerelle, un bon prétexte pour parler budget ».

Enfin, même si cet aspect a été relevé par quantité d'autres études sur le sujet, les vertus pédagogiques et stimulantes de l'outil sont encore une fois démontrées, comme l'explique un travailleur social : «  J'ai suivi un monsieur [...] pour l'achat d'un micro-ordinateur. C'était quelqu'un qui n'aimait pas l'étiquette Revenu de solidarité active (RSA), qui avait besoin de reconnaissance. Ce microcrédit l'a amené à changer de posture, à le tirer vers le haut, à actionner d'autres choses. Il s'est senti entendu comme n'importe qui ». Le crédit accompagné devient alors un coup de pouce pour s'engager dans de nouveaux projets, retrouver un peu de confiance et de sécurité.


Des axes d'amélioration...

Si l'évaluation conduite a mis en évidence l'intérêt du crédit accompagné en tant qu'outil d'aide à l'insertion dans un certain nombre de situations et qu'il semble avoir sa place dans la palette d'outils mobilisés par les travailleurs sociaux, il se distingue cependant sur plusieurs points d'une aide sociale classique et nécessite à ce titre d'être positionné plus clairement dans ses modes d'utilisation.

De fait, la communication autour de l'expérimentation n'a pas encore permis une réelle appropriation du microcrédit personnel. Trop souvent, seuls les travailleurs sociaux l'ayant déjà utilisé l'ont réellement en tête et sont capables de le mobiliser rapidement. Des clarifications devront donc être encore régulièrement apportées, afin de rappeler quelle est la vocation de l'outil et dans quel contexte il peut s'avérer particulièrement adapté (en complément d'aides existantes pour l'achat d'un véhicule, par exemple). Selon la même logique, un travail pédagogique reste indispensable en ce qui concerne l'accompagnement, afin de rassurer les structures accompagnantes quant à leurs engagements, en cas de difficulté notamment.

Plus généralement, il faudra à l'avenir réinscrire l'action microcrédit personnel dans un cadre élargi d'éducation financière et budgétaire, et de meilleure connaissance de l'environnement bancaire. « J'aimerais accéder à une formation autour de l'argent pour pouvoir travailler cette question avec les usagers. [...] J'aimerais qu'on ait une information collective sur le crédit en général et les crédits à la consommation [...]. Le budget est quelque chose de difficile à travailler avec les usagers », rappelle à ce titre un autre travailleur social. La question de l'inclusion financière des personnes en situation de pauvreté demeure en effet un véritable enjeu.