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Apporter une aide durable aux plus démunis passe par une stratégie plus concertée
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Jeudi, 04 Janvier 2007
Communiqué du 4 janvier 2007

La Fnars qui regroupe 750 associations et 90% des centres d’hébergement ne peut que se réjouir que les questions d’exclusion, notamment le droit au logement et à l’hébergement, soient enfin au coeur du débat politique.

L’initiative médiatique des Enfants de Don Quichotte a permis de rendre visible une situation inacceptable pour laquelle les associations qui gèrent quotidiennement des centres d’hébergement proposaient des solutions, depuis plusieurs années, sans être toujours entendues.

Le gouvernement a annoncé un certain nombre de mesures sur l’hébergement d’urgence et un projet de loi visant à mettre en oeuvre le droit au logement opposable.

Le droit au logement opposable figurait dans les propositions faites par la Fnars et de nombreuses autres associations. Cependant, il ne suffit pas qu’un droit soit inscrit dans une loi pour être effectif. Le nombre de logements très sociaux n’est pas à ce jour suffisant pour répondre à la demande des plus démunis (en 2005, seulement 7 674 logements "très sociaux" réalisés sur un total  de 80 102 logements sociaux construits). Par ailleurs, le calendrier, les méthodes de concertation et l’autorité responsable de la mise en oeuvre du droit au logement ne sont pas précisément définies. Enfin, rien n’est dit sur la manière dont sera gérée la situation des personnes jugées prioritaires jusqu’à la fin de l’année 2008, date à laquelle les Sdf devraient pouvoir faire valoir leur droit selon le projet.

Par ailleurs, la Fnars a déjà regretté que le dispositif de garantie des risques locatifs annoncé le 14 décembre par le Premier Ministre laisse de côté les personnes qui vivent des minima sociaux (1), soit 1,5 million de personnes, 3 millions si l’on prend en compte les familles. Cette exclusion apparaît en contradiction avec les objectifs annoncés par la loi sur le logement opposable.

Enfin, les 70 millions d’€ supplémentaires annoncées pour répondre à l’urgence ne font que combler la différence chronique entre le budget voté chaque année pour l’hébergement d’urgence et le budget réellement exécuté (ainsi, en 2006, le budget voté était de 150 M€ soit inférieur de 67 M€ aux dépenses 2005 : 217 M€).

Par ailleurs, l’Etat doit aujourd’hui , selon un rapport de l’inspection générale des affaires sociales, environ 25 M€ aux centres d’hébergement et de réinsertion sociale pour apurer les déficits cumulés depuis plusieurs années.

Faute de mise à plat et d’élaboration collective, la démarche engagée est insuffisante pour installer une politique durable qui tienne compte de l’augmentation du nombre de Sdf et de la diversité de leurs situations. Il ne suffit pas en outre d’organiser leur mise à l’abri si nous ne pouvons pas proposer à ceux qui en ont besoin un accompagnement social qui permette une insertion durable.

Au-delà de l’inventaire des mesures et dispositifs, Il est indispensable d’aboutir à un état des lieux rigoureux qui permette d’aboutir à un constat et une stratégie partagés au-delà des alternances politiques.

Dans cette perspective, la Fnars propose la tenue dans les prochaines semaines d’une "conférence de consensus" au cours de laquelle seront entendus des experts français et européens et à laquelle seront associés tous les acteurs de l’urgence et de l’insertion (associations, services de l’état, collectivités territoriales).


(1) les Rmistes (1,1 million), les femmes qui touchent l’Allocation de parent isolé (182.000), les chômeurs sortis du système Assedic et qui vivent avec l’Allocation spécifique de solidarité (375.000), les jeunes enfin, qui ne sont pas étudiants et qui n’ont aucune ressource, qu’on retrouve en grand nombre dans les centres d’hébergement.

 

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