| Sommet social : l’illusion du volontarisme | |||
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| Jeudi, 19 Janvier 2012 | |
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La plupart des mesures annoncées hier par Nicolas Sarkozy ne sont pas nouvelles et avaient déjà fait l’objet au cours du quinquennat d’annonces non suivies d‘effet. Il est donc permis de s’interroger sur leur avenir à quelques mois des élections. Formation, offre d’emploi et processus de resocialisation "Ceux qui ne connaissent plus d'activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation". Cette promesse a été faite à plusieurs reprises par le chef de l’Etat, et notamment lors du plan d’action pour l’emploi de février 2011. Au-delà des doutes sur l’application de cette mesure, il conviendrait de préciser ces obligations : quelle offre d’emploi devra être faite ? Celle-ci doit en effet a minima être adaptée au profil du demandeur d’emploi ; Comment imaginer qu’une offre unique puisse permettre un retour à l’emploi ? La FNARS demande que soit faite une offre d’emploi ou de formation par période de trois mois dans le cadre d’une obligation de résultats du service public de l’emploi. Des interrogations similaires demeurent quant à la formation. La formation professionnelle et continue est aujourd’hui en panne. C’est la raison pour laquelle Gérard Larcher s’est vu confié une mission devant aboutir à la remise d’un rapport dans les deux mois. Quelle offre de formation sera donc faite aux demandeurs d’emploi avant une réforme en profondeur du secteur ? Enfin, qu’entend le Chef de l’Etat par "processus de resocialisation" ? La FNARS souhaiterait que Nicolas Sarkozy fasse ici référence à l’Insertion par l’activité économique, qui permet chaque année à 270 000 chômeurs de longue durée de retrouver une activité en bénéficiant d’un accompagnement socio-professionnel ; or force est de constater que les personnes les plus éloignées de l’emploi, qui auraient dû constituer une des priorités de ce sommet dit social, sont les grands oubliés des mesures annoncées. La FNARS déplore également que le rapprochement entre les allocations de retour à l’emploi et les minima sociaux, qui permettrait d’éviter les phénomènes de rupture et de basculement dans des processus d’exclusion difficilement réversibles, n’ait pas retenu l’attention du Chef de l’Etat. Dispositif "zéro charge" Cette mesure en faveur de l’emploi des jeunes n’est pas non plus une mesure nouvelle mais une simple réactivation d’un dispositif arrêté quelques mois après son application en 2009 compte tenu de son coût. Si l’on ne peut que saluer un dispositif qui favorise l’accès à une première expérience professionnelle, la FNARS rappelle cependant que l’objectif doit être une insertion pérenne des jeunes dans l’emploi, quelle que soit leur niveau de qualification. Le sommet n’apporte que des réponses partielles aux 14% de jeunes à la fois sans emploi et hors dispositif de formation. Et à nouveau, les jeunes les plus en rupture sont laissés à l’abandon. La lutte contre la précarisation des jeunes ne fait l’objet d’aucune mesure. Ainsi que le propose un collectif d’associations et de fédérations dans une plateforme baptisée "Big bang pour la jeunesse", le versement d’une allocation dès la majorité, en contre partie de l’investissement de chaque jeune dans la préparation de son avenir, constituerait un véritable moyen d’éviter à des jeunes de débuter leur vie active par l’expérience de la précarité.
Les 1 000 recrutements annoncés à Pôle emploi ne sont également qu’un effet d’annonce. Recrutés en CDD, ils ne visent qu’à répondre au surcroît d’activité lié à la hausse du chômage mais ne répondent pas aux problèmes structurels de Pôle emploi, et notamment au déficit d’accompagnement pourtant indispensable à tous les demandeurs d’emploi. Comment des conseillers recrutés en contrats à durée déterminée vont-ils pouvoir s’investir dans leurs missions, et acquérir les compétences pour accompagner chacun ? La FNARS rappelle que l’accompagnement social et professionnel est une des clés du succès dans le retour à l’emploi ; il doit être mis en œuvre dès le premier rendez-vous, puis modulé en fonction des besoins de la personne.
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Les personnes éloignées de l’emploi, oubliées du sommet social. Il aura fallu trois ans de crise pour aboutir à la tenue d’un sommet social et à l’annonce de mesures aujourd’hui prises dans l’urgence quand elles auraient dû faire partie d’une politique de l’emploi structurelle, qui seule pourrait permettre de résoudre durablement le problème du chômage, et notamment du chômage de longue durée.