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Obtenir le « juste » coût pour l'IAE
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Mardi, 08 Mars 2011

Par Pascal Duprez, président de la commission IAE, emploi et formation de la FNARS
Ce début d'année 2011 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices : alors que le combat pour l'emploi est décrété priorité nationale majeure, le plan pour la formation et l'emploi présenté le 1er mars par le Président de la République à Bobigny ne mentionne nulle part l'Insertion par l'activité économique.

Pourtant, ce plan s'appuie sur le développement de l'emploi des jeunes, l'accompagnement des chômeurs de longue durée, la formation et la sécurisation des parcours, autant d'axes sur lesquels l'IAE apporte depuis des années des solutions rarement égalées.


Dans le même temps, les notifications de crédits se traduisent par une retenue de 3 millions d'euros sur l'enveloppe nationale des crédits IAE pour 2011, « destinée au financement du contrat de performance qui sera mis en œuvre au second trimestre 2011 ». Les acteurs de l'IAE n'ont pas dit non aux contrats de performance, mais à condition que ne soit pas écarté le financement de leur action d'insertion. Or pour l'instant, les expérimentations menées dans le cadre de la réforme des financements de l'IAE sont loin d'apporter cette garantie.


Il faut le redire : un poste sous financé, c'est le risque de laisser de côté les plus en difficulté face à un marché du travail de plus en plus sélectif, les plus exclus, c'est à dire ceux auprès de qui la FNARS est d'abord engagée. Des structures sont menacées ou sur le point de fermer à cause d'une programmation budgétaire incohérente et insuffisante.


Aujourd'hui avec un taux de chômage de longue durée qui atteint des records, nos structures peuvent faire plus pour l'insertion. Pour cela il faut que des moyens supplémentaires puissent aller au secteur pour assurer le juste financement de nos actions et offrir plus de solutions d'insertion à des personnes en difficulté. S'il s'agit de démontrer la performance de l'IAE, nous attendons avec intérêt que la Cour des comptes soit sollicitée pour valoriser le retour sur investissement des solutions offertes par l'IAE et comparer leur efficience avec celui d'autres dispositifs de retour à l'emploi.


C'est pourquoi la FNARS se mobilise en inter-réseau de l'IAE pour une réflexion commune sur les enjeux qui nous préoccupent tous. Notre objectif est d'abord d'obtenir le « juste coût » pour l'IAE, c'est à dire d'être en mesure de mener, sur la base d'évaluations régulières, notre mission d'insertion des publics, grâce à des conférences de financeurs sur les territoires avec des contrats d'objectifs et de moyens.


Autres éléments décisifs : les passerelles vers les entreprises. Là encore, c'est auprès des PME locales que nous devons nouer des partenariats, même si des accords de principe peuvent être passés avec de grands groupes.


Enfin, l'IAE mérite une gouvernance claire et efficace. C'est à l'échelle des bassins d'emploi que les politiques d'insertion sont véritablement efficaces, socialement et économiquement. C'est à l'échelle des régions et des départements que la programmation des moyens et des politiques peut s'effectuer, en lien avec tous les opérateurs et autres financeurs. La territorialisation des politiques d'insertion doit se poursuivre.


Le secteur mise sur l'alternance de périodes de travail et de formation mais ne peut développer ces actions sur les territoires que s'il est pérennisé et suffisamment financé. Une mobilisation d'énergies est donc nécessaire pour ne pas laisser de coté les personnes les plus exclues dans un contexte de crise et de dégradation du marché du travail.