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En l'espace de presque trois ans, le mandat de Martin Hirsch au gouvernement s'est traduit par l'ouverture de nombreux chantiers, autour des politiques de lutte contre la pauvreté et de prise en charge de la jeunesse. La FNARS a systématiquement répondu aux invitations du Haut commissaire pour participer aux discussions sur les orientations à prendre.
Si nous doutions parfois des chances d'aboutir des réformes proposées, nous avions bon espoir de profiter de l'élan général pour insuffler un nouvel esprit aux politiques sociales, esprit tourné vers une évaluation rigoureuse des besoins et un meilleur service rendu aux usagers. Martin Hirsch a quitté le gouvernement sans s'être assuré du service après vente de sorte que la mise en œuvre concrète des orientations affichées apparaît hors de portée.
Action phare du Haut commissaire, le processus de concertation du « Grenelle de l'insertion » devait articuler la nouvelle donne sociétale du gouvernement. A la clôture des discussions, une feuille de route avait été validée par le Premier ministre, pour servir d'appui aux travaux d'un comité de suivi. Or, ce comité souffre aujourd'hui d'un manque patent de gouvernance. Incapacité à se réunir, absence de cahier des charges actualisé, opacité sur l'articulation entre les cabinets et les administrations : y a-t-il au moins un pilote pour s'en soucier ? Quant aux douze chantiers proposés lancés à l'issue de la concertation, si l'on peut relever quelques avancées (comme la création du Contrat unique d'insertion qui n'est toutefois pas aussi unique que nous l'aurions voulu), on note que rien n'a bougé du côté de la place des usagers dans les dispositifs qui les concernent, ou encore de la mobilisation des entreprises. Bien plus, la seule réalisation tangible qui était la création d'un poste de médiateur à Pôle emploi n'a pas duré plus de quelques mois. D'une façon générale, il est aujourd'hui pratiquement impossible d'obtenir des informations solides sur la poursuite de ces chantiers.
Comme pour le Grenelle, on pourrait évoquer l'absence de droit de suite quant aux propositions de la « Commission de concertation sur la politique de la jeunesse », ainsi que l'immobilisme face aux dysfonctionnements du rSa . C'est pourquoi notre fédération, qui a démontré sa volonté de coopération et sa force de proposition, ne peut participer plus longtemps à des réunions qui n'en sont pas. Elle demande instamment au ministre de la Jeunesse et des solidarités actives de prendre ses responsabilités, en relançant au plus vite les discussions avec les réseaux associatifs et en se battant pour obtenir des arbitrages ambitieux dans la loi de finances à venir. Pour que les belles intentions affichées partout par le Haut commissaire démontrent d'autres vertus que leur vernis de communication.
Nicole Maestracci, Présidente de la FNARS |