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Le début d'un processus de redéfinition
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Lundi, 15 Décembre 2008

Par Catherine Cabannes, présidente du comité de pilotage des Journées du travail social

 
Les Journées du travail social ont rassemblé plus de 1 200 personnes à Nice, dont une moitié des travailleurs sociaux engagés sur le terrain auprès des personnes en difficultés, dont une centaine d'étudiants en formation qui sont les travailleurs sociaux de demain. Ce fut un moment riche en échanges, à une époque où les travailleurs sociaux s'interrogent sur leur rôle et se sentent souvent isolés.

Il y eut beaucoup de questions posées, beaucoup d'inquiétudes exprimées. A quoi sert le travail social ? A-t-il un avenir dans cette société menacée de fragmentation ? Des fondements de réponses sont apparus. Celles-ci restent à construire. Les Journées du travail social se veulent le début d'un processus de redéfinition. Elles donneront lieu à un Livre blanc du travail social qui rassemblera l'ensemble des débats, afin de prolonger la réflexion et d'aboutir à des propositions de politiques publiques, mais aussi d'actions pour la FNARS en termes de formation ou d'échanges de pratiques.

Notre force sera de redonner un sens à la place de l'accompagnement social, dans toutes ces dimensions sociétales. Cela suppose d'être en capacité de crédibiliser le rôle des travailleurs sociaux dans leur engagement professionnel vers la citoyenneté des plus fragiles, des plus exclus. Nous devons en apporter la démonstration, en faire la preuve, témoigner de ce que nous observons, à cette frontière de l'exclusion.

Comme a su le faire un travailleur social nommé Barack Obama et comme nous l'a décrit l'historien Romain Huret lors de la dernière table ronde : « L'élection d'un travailleur social comme président des Etats-Unis n'est pas dû au hasard. C'est un changement de paradigme, après des années noires, durant lesquelles le président Nixon voulut en finir avec le travail social. Obama aurait pu choisir la carrière d'avocat d'affaires. Il a choisi d'être travailleur social dans les quartiers pauvres de Chicago. Le sens de l'engagement en fut transformé : la politique comme un prolongement du militantisme social. Pas une carrière comme une autre, destinée à proposer des mesures technocratiques pour venir en aide à des administrés. Le politique comme un lieu de rassemblement et d'échange des membres de la société civile ». Voici le projet d'une fédération comme la FNARS : le politique comme le prolongement du militantisme social, comme le lieu de réunification des membres de la société civile. Ce serait une réelle promotion et une reconnaissance du sens du travail social.