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SIAO : Une réussite à portée de main
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Mardi, 28 Septembre 2010

Par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS
En avril 2010, le ministre Benoist Apparu demandait aux préfets de « veiller à ce que les SIAO soient totalement opérationnels au plus tard le 15 septembre 2010 ». Objectif ambitieux pour une réforme ambitieuse souhaitée dans le principe par la FNARS.

Mais, selon l'enquête que nous avons réalisée début septembre, peu de SIAO étaient prêts au 15 septembre, le temps a manqué pour mettre en œuvre les modes opératoires, nouer les partenariats, organiser la mutualisation des travailleurs sociaux, ... Si la montée en charge du dispositif nous semble en bonne voie, il faudra encore quelques semaines, voire quelques mois comme à Paris, pour organiser les SIAO.


Cela était prévisible car la réforme, dans son esprit, change radicalement les pratiques des associations. Le SIAO n'est pas un dispositif de plus, qui viendrait se superposer à l'existant et alimenter le mille feuilles. Ce serait peut-être plus simple, mais voué à l'échec. Le SIAO est une révolution pour beaucoup car, avant toute chose, il est une coordination d'acteurs. Il est le pivot de l'entrée dans les centres d'hébergement. Il valorise la complémentarité des rôles des uns et des autres plutôt que la concurrence. Il doit conduire à éviter les redondances, les mêmes demandes exprimées auprès de plusieurs structures. Il mutualise les temps des travailleurs sociaux. Il doit aboutir à offrir finalement une meilleure réponse aux besoins des personnes sans abri ou risquant de l'être.


Du temps, il en faudra donc aux SIAO pour trouver leur vitesse de croisière. Rendre effectifs, au jour le jour, les principes de non remise à la rue et d'accueil inconditionnel n'est pas chose facile. C'est le cas à chaque fois qu'on passe des principes à la réalité, il y aura des découragements, des surchauffes, des à-coups, des dysfonctionnements. A cet égard, l'outil informatique proposé par l'administration est pour le moment inadapté et nécessite des ajustements conséquents pour permettre aux SIAO qui l'auront choisi de mener à bien leurs missions.


C'est pour cela que nous insistons auprès du gouvernement, du ministre et de l'administration sur le fait qu'il faut se donner les moyens de la réussite :

- La coordination des équipes, ça prend du temps et ça a un coût. Cela exige un pilotage par les services de l'Etat, à ce jour défaillant sur de nombreux territoires.

- L'implication des collectivités territoriales doit être systématiquement recherchée.

- L'articulation des SIAO avec les Centres d'accueil pour les demandeurs d'asile (CADA) et les plateformes de demandeurs d'asile, incertaine pour l'instant, est urgente, au risque sinon de mettre en difficulté les équipes SIAO dès le démarrage.

- Il manque le chaînon « logement ». Il faut donc presser les bailleurs sociaux de s'engager dans les SIAO.

- L'Etat a enfin la responsabilité de mettre en œuvre les moyens d'évaluer la qualité des réponses apportées, ainsi que de s'appuyer sur les SIAO pour établir des diagnostics territoriaux des besoins des personnes.


Si nous sommes entendus, si nous parvenons à mettre en œuvre cette réforme majeure, nous serons alors à la fin d'une époque, celle des « portes tournantes » qu'avait pointée notre Conférence de consensus Sortir de la rue, celle de la remise à la rue des personnes en détresse. Et nous pourrons entrevoir les effets d'un cercle vertueux, où la prise en charge des personnes primera sur tout le reste. Cela semble à portée de main, mais ne peut reposer sur les seules associations.