| Doit-on accueillir la Refondation de manière inconditionnelle ? | |||
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| Jeudi, 18 Mars 2010 | |
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par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS Nous avons dit à plusieurs reprises pourquoi et en quoi nous approuvions les principes directeurs de la Refondation du secteur de l'hébergement et du logement engagée par le gouvernement. Ces orientations, directement issues de la Conférence de consensus sur les sans abri, nous les portions depuis plusieurs années. Mais - nous l'avons dit aussi - approuver des orientations ne veut pas dire approuver la manière dont elles sont concrètement mises en œuvre. Or, c'est bien cette mise en œuvre qui interroge : faiblesse des moyens humains mobilisés, défaut de pilotage, insuffisance ou absence de méthode, déficit d'analyse qualitative et de prévision, délais excessivement courts et contraints. Comment comprendre que persistent autant de doutes après plusieurs mois de débats et alors que nous étions pour l'essentiel d'accord sur les fondements de la réforme ? - Parce que l'écart est saisissant entre « ce qui se dit et se travaille » au plan national avec l'administration centrale, la mission Régnier et le secrétariat d'État, et « ce qui se dit et se travaille » au plan local avec les services déconcentrés de l'administration et les représentants de l'État. Et je ne parle pas ici des différences justifiées par la diversité des territoires, mais bien des divergences de messages et d'objectifs affichés. - Parce que la coordination d'ensemble, impliquant tous les acteurs et notamment les collectivités territoriales, fait défaut dans la plupart des départements. - Parce que l'élaboration des Plans départementaux Accueil hébergement insertion (PDAHI) comme la création des Services intégrés de l'accueil et de l'orientation (SIAO) obéissent à des règles imprévisibles et disparates selon les territoires. - Parce que les annonces budgétaires pour 2010 faites dans les régions, outre qu'elles sont discordantes avec celles du secrétaire d'État, sont trop alarmantes pour créer des conditions favorables à la Refondation. - Enfin, comment adhérer à une réforme qui doit en finir avec la remise à la rue des personnes sans abri, alors qu'on va fermer prochainement certains lieux ouverts pendant l'hiver et donc remettre des gens dehors ? Pour les adhérents de la FNARS, ces réalités concrètes fragilisent forcement le discours ministériel. Certes, le secrétaire d'Etat a pris en compte un certain nombre de ces difficultés, notamment en assouplissant les délais imposés et en insistant sur la qualité du travail d'analyse des besoins et sur la nécessité d'une concertation pour élaborer les réponses. Nous savons aussi que les acteurs de l'Etat sur le terrain traversent une période de réorganisation qui ne facilite pas leur mobilisation. Dans un tel contexte, nous pourrions avoir la tentation de la chaise vide. Nous n'y cèderons pas car nous tenons à ce que les choses changent. Nous continuerons donc à être présents, actifs et exigeants. En revanche, il appartient à l'Etat de créer les conditions du changement, notamment en veillant à réduire la distance entre le discours du niveau national et celui des niveaux locaux. S'il ne le fait pas, il portera une large responsabilité dans l'échec éventuel de la réforme. |


