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Commission Jeunes : Et maintenant ?
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Vendredi, 17 Juillet 2009

Par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS.

Depuis plusieurs années, nous dénoncions l'absence de politique publique à destination des jeunes. Nous ne pouvions donc que nous réjouir de la mise en place d'une réflexion globale et y participer même si nous en connaissions les limites.


La Commission, qui comprenait plus de 80 membres, a rassemblé des élus, des partenaires sociaux, des associations de jeunesse, des représentants des étudiants, des collectivités locales, des associations, des chercheurs... Elle a travaillé vite, trop vite sur des sujets aussi divers que la santé, le logement, l'orientation, l'insertion sociale et professionnelle, les ressources...Elle a aussi travaillé dans une certaine incertitude sur les intentions réelles du gouvernement au-delà des discours.

La FNARS y a participé activement avec la conviction que dans la période difficile qui s'annonce, toutes les occasions de défendre nos propositions doivent être saisies. Les jeunes les plus en difficulté étaient peu représentés dans cette commission qui avait vocation à s'intéresser à tous les jeunes. C'était paradoxalement une chance qui évitait aux jeunes les plus fragiles d'être relégués dans des politiques ghettos. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons refusé la proposition du CNLE de créer, parallèlement à la commission, un groupe de travail spécifique sur les jeunes en rupture.

La commission a rendu son Livre vert début juillet. Celui-ci fixe d'abord un objectif ambitieux : aucun jeune ne doit être sans emploi ou sans formation. Un tel objectif implique bien sûr d'aller vers tous les jeunes qui en ont besoin sans attendre leur demande et de leur faire des propositions attractives, donc acceptables... autant dire une révolution administrative et culturelle dont nous ne voyons pas les prémisses. Cependant, le fait qu'il soit repris dans un document officiel n'est pas anodin et doit nous permettre d'avancer.

Le Livre vert reprend un certain nombre de principes et de propositions que nous avons défendu ou qui nous paraissent intéressantes : défendre l'accès de tous les jeunes aux droits communs sans créer constamment des dispositifs spécifiques, ne laisser aucun jeunes à l'abandon, reconnaître le droit au recommencement et donc à la deuxième chance, créer un service public de l'orientation, développer l'accompagnement social et professionnel « sur mesure », redéfinir la responsabilité des missions locales auprès des jeunes les plus éloignées de l'emploi en leur donnant pour mission d'aller « au devant de tous les jeunes, même s'ils ne demandent rien ».

La commission a également posé le principe de l'allocation de ressources répondant aux besoins des jeunes sans toutefois que les modalités en soient à ce stade arrêtées. Si elle a refusé l'extension du RSA aux moins de 25 ans comme nous le demandions, elle a proposé d'en faire bénéficier ceux qui ont un emploi. Elle a enfin introduit à notre demande le principe d'un droit à une prise en charge pour les jeunes majeurs sans ressource et en rupture familiale.

Le Livre vert n'est à ce stade qu'un document de travail mais il a l'avantage d'avoir recueilli un consensus assez large au sein d'un groupe de travail auquel participait l'essentiel des forces vives de la société civile.

L'inquiétude ne vient donc pas de son contenu qui constituerait une avancée s'il était mis en œuvre. Elle vient plutôt des incertitudes sur les modalités d'arbitrage, sur les moyens humains et budgétaires, sur le calendrier. Il nous appartiendra de continuer à défendre lucidement les quelques avancées obtenues. Nous n'avons pas le choix de la chaise vide même si nous savons, et nous venons d'en faire l'expérience avec le Grenelle de l'insertion, que la distance est grande entre les rapports même consensuels et leur réalisation effective.

17 juillet 2009.