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Refondation : le fruit d'une double exigence
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Jeudi, 25 Juin 2009

Par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS

Nous venons de tenir notre assemblée générale annuelle et, comme je l'ai exprimé à cette occasion - en pleine conscience des difficultés traversées par de nombreux adhérents - j'ai la conviction que nous représentons une force qui compte et que cette force est un puissant atout pour peser sur la recomposition du champ de l'insertion qui s'est engagée. Pour cela nous devons faire valoir une double exigence : envers les pouvoirs publics et envers nous-mêmes. 


Des pouvoirs publics, nous devons exiger la protection des personnes vulnérables et un engagement pour leur insertion durable. Nous devons aussi réclamer la transparence sur les choix politiques et budgétaires opérés et la concertation avec les associations que nous représentons. Ainsi, face aux évolutions qui remodèlent l'organisation de l'Etat, infléchissent les mécanismes de conduite des politiques publiques et font disparaître interlocuteurs et repères " traditionnels ", nous devons obtenir une garantie d'explication et de lisibilité sur la stratégie et les objectifs que se fixent les pouvoirs publics pour conduire ces évolutions, ainsi que sur les moyens qu'ils entendent mobiliser.

En ce qui nous concerne, cette refondation exige de la FNARS un travail d'imagination et d'anticipation. Face à un avenir plus incertain que jamais - qu'il s'agisse du monde, de l'Europe ou de la France - nous devons en effet savoir imaginer les scénarios d'évolution et nous prémunir ainsi d'être à la remorque de ce qui se décide. Pour cela nous devons anticiper et savoir regarder ailleurs, dans d'autres pays comme dans d'autres secteurs. Nous devons imaginer positivement, produire de l'analyse et savoir dire à quoi sert ce que nous faisons.

Par ailleurs, pour que cette refondation soit une refondation menée au service des personnes les plus démunies, nous avons une exigence de crédibilité, qui nous fait obligation de garantir aux personnes que nous accueillons, un travail de qualité. Obligation à l'égard des personnes accueillies mais aussi, tout autant, à l'égard de celles dont on ne s'occupe pas, de celles qui, trop marginalisées, trop exclues, ne formulent pas de demandes et restent ignorées de tous.


Enfin, dans le grand mouvement de changement qui s'engage, notre fédération doit à ses adhérents une exigence : les accompagner, les défendre, les soutenir mais aussi éclairer le champ de contraintes qui se présente et les armer pour faire de cette refondation une opportunité. C'est un rôle nouveau. C'est un défi. C'est indispensable pour négocier au mieux l'évolution de notre secteur dans la longue durée et démontrer à l'ensemble de la société que l'accompagnement des plus exclus n'est pas seulement une charge mais un investissement nécessaire.