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Par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS
La crise aura au moins eu le mérite d'obliger le gouvernement à
s'intéresser enfin aux jeunes. Des Etats généraux à la Conférence de
consensus, nous n'avons cessé de réclamer une véritable politique
publique de la jeunesse, en énonçant cette évidence : une génération
oubliée aujourd'hui fragilise la société française demain.
Nous avions demandé que les plus fragiles d'entre eux bénéficient d'un accompagnement personnalisé, de propositions systématiques de formation et qu'ils ne soient pas exclus du revenu de solidarité active (RSA). Nous avions dit que le monde avait changé, qu'on ne pouvait continuer à dire à des jeunes, dont la survie quotidienne n'était pas assurée, qu'ils ne devaient pas « entrer dans l'âge adulte assisté ».
Devant la montée alarmante des chiffres du chômage des jeunes, une action politique ciblée a été confiée au Haut commissaire aux solidarités actives. Une commission de concertation à laquelle nous participons a été mise en place et un livre vert devrait être publié avant la fin du mois de mai.
Dans ce contexte, nous devons donner notre avis et faire des propositions sur des questions essentielles : Qu'est-ce que l'autonomie ? Est-ce un droit ? Quels en sont les conséquences : allocation d'autonomie, droit au logement opposable, droit à la formation et à l'accompagnement ? Faut-il aider les jeunes eux-mêmes ou soutenir leurs familles ? Que pensons-nous du service civil ? Quelles propositions pour lutter contre les inégalités scolaires ? Comment réformer le dispositif d'orientation pour que les jeunes qui ne demandent rien ne soient pas les oubliés du système ?
Nous savons qu'il n'est pas facile pour les associations de prendre en charge les jeunes et que la tentation est grande de réclamer d'illusoires « mesures spécifiques », parce que « trop de jeunes dans un établissement sont difficiles à gérer », ou encore qu'on ne sait pas « comment les faire sortir »... Nous sommes bien placés pour mesurer l'urgence d'élaborer une politique globale à leur égard.
Mais, une fois encore, le calendrier du gouvernement nous déroute. La multiplication d'annonces de mesures nouvelles est peu compatible avec l'élaboration d'une politique sérieuse et durable, ce d'autant plus que nombre de mesures arrêtées dans le cadre du Grenelle de l'insertion n'ont toujours pas été mises en place.
Malgré la crainte que la stratégie de communication prenne le pas sur l'action politique, nous avons choisi d'être présents et actifs dans ces débats. Si les propositions retenues par le gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux, nous saurons aussi le dire avec force.
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