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Le travail social sert-il encore à quelque chose ?
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Mercredi, 15 Octobre 2008

Par Nicole Maestracci, présidente de la FNARS

Les Journées du Travail social,  11 et 12 décembre 2008 à Nice

Par ce titre provocateur, nous avons voulu interpeller tous ceux qui sont concernés : les acteurs du travail social qui hésitent à s'exprimer hors de leur champ alors qu'ils sont à eux seuls un observatoire irremplaçable des dysfonctionnements sociaux, mais aussi tous ceux qui croisent les travailleurs sociaux sans les voir. Nous avons voulu rendre visible ce qui reste généralement caché dans les interstices et les zones d'ombre d'une société. C'est cette interrogation sur la place du travail social dans une société en mouvement, qui sera au cœur des Journées de Nice, les 11 et 12 décembre prochains. 

Le travail social a pour objectif d'aider des personnes et des groupes en difficulté à la résolution de leurs problèmes, de les accompagner vers un "vivre mieux", voire un "vivre bien". Dans la société telle quelle est, ou telle qu'elle se dessine, y a-t-il encore une place pour lui ? Quelle est la nouvelle mission qui lui est assignée dans un contexte où les préoccupations à l'égard de certains publics désignés comme "menaçants" sont essentiellement sécuritaires ? Quels sont les principes qui doivent guider les professionnels constamment soumis à des injonctions contradictoires ? Assistons-nous à un basculement du "droit à l'insertion" vers un "devoir d'insertion" qui renverrait les personnes fragilisées à leur propre responsabilité, à leur propre "incapacité" ? Est-ce que cela a encore un sens de dire que le travail social occupe une place centrale dans la société ? Sa fonction est-elle de promouvoir une société plus juste ou d'aider ceux qui sont les plus en difficulté à s'intégrer dans une société injuste, ou les deux à la fois ? Quelles sont ses marges de manœuvre ?

Ces questions ne sont pas nouvelles mais le monde dans lequel elles se posent a profondément changé. Les Journées du Travail social sont pour nous le début d'une réflexion qui apparaît d'autant plus urgente que la FNARS a tardé à la conduire collectivement.